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30 mois de prison pour les Braconniers la Région du Sud-est Cameroun, dans le département de la Boumba et Ngoko à Yokadouma.

16 Juin 2012 , Rédigé par MICHEL NDOEDJE

30 mois de prison pour les Braconniers la Région du Sud-est Cameroun, dans le département de la Boumba et Ngoko à Yokadouma.


C’est la condamnation infligé par le tribunal de première instance de Yokadouma aux braconniers d'éléphants et à des trafiquants de perroquets. Le tribunal de première instance de du département de la Boumba et Ngoko, région de l’Est,  a condamné en avril dernier, 17 braconniers  d’éléphants et les trafiquants des perroquets gris d’Afrique à des peines d’emprisonnements fermes allant de 10 à 30 mois et aux amendes et dommages-intérêts qui s'élèvent  à  plus de 77.000.000 Francs Cfa.

La décision rendue le mardi 03 avril 2012 est sans précédent dans l'histoire de la lutte contre le braconnage dans la Région du Sud-Est Cameroun et plus particulière dans le département de la Boumba et Ngoko (Yokadouma-Moloundou). D’autant plus qu'elle vient à peine quelques mois après la condamnation par le même tribunal de quatre trafiquants de plus de quarante quatre défenses d'ivoire à une légère peine d'emprisonnement de trente jours seulement. Une légère condamnation qui avait surpris toute la communauté nationale et internationale impliquée dans la conservation des ressources forestières et faunique. Le ministère des forêts et de la faune et le fonds mondial pour la nature (WWF) avaient fait appel de cette décision considérée légère dans une zone où sévit le pillage général des ressources forestières et faunique. Au regard de la condamnation de 30 jours aux trafiquants d’ivoires, on aurai  cru à une forme de corruption qui se vit au sein de la justice Camerounaise, mais,  la dernière décision  vient de nous prouver qu’on peut faire confiance à cette justice.

Les sentences rendues en avril 2012 parmi eux : quatre braconniers qui avaient été arrêtés  avec 14 pointes d’ivoires dans la zone périphérique des parcs nationaux de Boumba-Bek et Nki  le 24 Mars 2012, ont été chacun condamnés à 18 mois d'emprisonnement et se sont vu infligés des amendes de 03 millions de Fcfa, ainsi qu'à payer  des dommages et intérêts évalués à 30 millions de Fcfa pour chacun.

Egalement, deux braconniers de perroquets gris d’Afrique récidivistes, les nommés Roger Atangana et Lazare Onana que nous connaissons bien dans ce milieu et soupçonnés d’avoir décapité des milliers de perroquets gris d'Afrique dans le parc national de Lobéké ont été condamnés à deux ans et demi (30 mois) de prison ferme. Roger Atangana et trois de ses complices doivent  aussi payer une amende de 4 millions de Fcfa et des dommages et intérêts de 8 millions Fcfa  faute de quoi ils passeront encore deux ans de plus dans la prison secondaire de Yokadouma dans la Région de l’Est Cameroun, département de la Boumba et Ngoko.

Le tribunal a, dans le même jugement ordonné la confiscation et la vente aux enchères des deux  motos appartenant à Roger Atangana.  Ces décisions rendues par la justice sont le fruit des efforts concertés de la population autochtone (Baka-pygmée), Minfof et The Last Great Apes Organisation. Elles marquent un tournant dans l'histoire de l'application des lois contre le braconnage dans cette partie du Cameroun. «Nous félicitons la magistrature Camerounaise pour avoir appliqué à la lettre la loi, et espérons que ces décisions serviront de dissuasion pour arrêter le carnage aveugle de la faune sauvage dans la région du sud-est Cameroun. Ce verdict va certainement stimuler le moral des organisations et des populations villageoises chargent de veiller à la protection de la faune qui est un patrimoine national et international.

Plus de 50 éléphants sont abattus au Sud-Est Cameroun chaque année, selon les rapports du comité de lutte anti-braconnage. «Des arrestations sont régulièrement faites, des procès-verbaux acheminés vers les tribunaux, mais quelques temps après ces braconniers sont libérés», déplore le Dr. Zacharie Nzooh, le chef de projet WWF du parc national de Lobéké.

 

Nonobstant, Il ne suffit pas seulement de condamner ces braconniers, mais de trouver le circuit de commercialisation national et international et d’y mettre fin. Tant qu’il y aura des fournisseurs d’armes à feu, des sponsors financiers à ce genre d’activité, le braconnage ne s’arrêtera jamais sur notre continent et en particulier dans notre pays. Parce que c’est à cause d’eux que le peuple Baka pygmée souffre aujourd’hui. Les baka pygmées sont chassés de la forêt, parce que le gouvernement leur soupçonne d’être les complices de ces braconniers ; au regard de ce problème, nous devons aider et sensibiliser les Baka pygmées sur l’importance de ne plus héberger certains Bantou dans leurs campements, surtout lorsqu’ils connaissent les activités de ces derniers.

 

Et ce n’est qu’à partir de ce moment-là, que les Baka pygmées vivant autour des parcs nationaux de Boumba-Bek, de Nki et de Lobéké pourront circuler librement dans ces forêts, et en dénonçant toutes personnes étrangères dans leurs forêts aux autorités compétentes donnerait un esprit de confiance. Parce qu’au cours d’un atelier de sensibilisation tenu à Yokadouma le 07 au 08 juin 2011, 36 Baka pygmées, dont 6 femmes, venues des villages situés autour des parcs, ont pris part à cette rencontre. Et ces derniers ont souhaités assurer le contrôle de la forêt, en créant des comités de vigilances dans chaque entrée des campements, et ont décidés de se tenir loin des Bantous, pour continuer à exercer librement leurs activités traditionnelles autour des parcs, ont-ils demandé.

 

Au terme de l’atelier, les pygmées ont recommandé la sensibilisation, l’éducation et la formation de leurs frères et sœurs au moyen de méthodes traditionnelles, parce que le recours aux méthodes traditionnelles sont permises par la loi et les méthodes non durables d’exploitation des ressources a été interdit, notamment l’usage des pesticides pour empoisonner les pièges et les fleuves pour attraper les animaux et les poissons et le recours aux armes à feu et aux pièges en fil de fer.

 

En conclusion, pour mettre fin à l’activité du braconnage dans la région du sud-est Cameroun et plus particulièrement dans la Commune de Moloundou, il est question que les Baka veillent à l’utilisation de la forêt, puisqu’il s’agit de la nouvelle génération des baka pygmées, l’Etat du Cameroun, doit élaborer conjointement avec les pygmées Baka un programme de formation sur l’utilisation judicieuse de la forêt, mettre sur pied un programme de subvention de création de fermes d’élevages du petit bétails, de  poulets de chairs, cet activité évitera à ce dernier de penser constamment à la chasse, il devront pénétrer dans la forêt pour y chercher les plantes médicinales, les légumes consommables, les ignames sauvages et toutefois développer l’esprit d’agriculture à ces derniers. Au vu de ces propositions, nous espérons que dans les jours avenirs que la région du Sud-est du Cameroun  trouvera des solutions aux problèmes du braconnage et de respecter totalement la convention de Mambélé village sur les droits d’usages du peuple Baka pygmée dans ces différentes forêts. 

 

 

Michel Ndoedje (Journaliste francophone et promoteur d’une jeune association pour la promotion, l’éducation de l’environnement et des droits des Baka pygmées dans la région de l’Est Cameroun-Ngombi & Ndum à Baka’o).Tel. : 237-96.33.26.81 – 237-76.00.08.86 – 237.79.11.88.51. www.micdoedjemichel.overblog.com ou micdoedje@yahoo.fr - michel.ndoedje@gmail.com 

 

 

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