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LA DECOUVERTE DE MOLOUNDOU

22 Mars 2012 , Rédigé par MICHEL NDOEDJE

Présentation géographique de l’Arrondissement de Moloundou, dans la région de l’Est Cameroun :

Il s'agit en premier lieu dans ce première publication, de décrire le milieu physique, deuxièmement d'évoquer le milieu humain et sa dynamique de Moloundou. Dans la deuxième publication nous aurons à vous présenté  l’institution communale de Moloundou. Contact : micdoedje@yahoo.fr ou michel.ndouedje@hotmail.fr. Blog : micdoedjemichel.overblog.com

1. Présentation Géographique de Moloundou.

L'arrondissement de Moloundou est situé à l'extrême Sud-est du Cameroun, il est né de l'érection de la région de Boumba et Ngoko en département en 1959. En 1996, il a été crée au sein de l'arrondissement de Moloundou, le district de Salapoumbé, ce district vient de bénéficier de la régionalisation, qui érige les districts en Arrondissement. L'arrondissement compte actuellement deux collectivités locales décentralisées : La Commune de Moloundou et celle de Salapoumbé. La collectivité territoriale de Moloundou couvre une superficie de plus 15 000 km2. La particularité de cette circonscription communale est qu'elle possède des limites nationales et internationales. Les limites nationales sont celles du nord et de l'ouest qu'elle partage respectivement avec l’Arrondissement de Salapoumbé et l'Arrondissement de Ngoïla dans le département du Haut-Nyong. Les limites internationales, sont constituées par le fleuve Ngoko au sud qui la sépare de la République du Congo. La ville de Moloundou se trouve à 855 km de Yaoundé, capitale politique du Cameroun ; 530 km de Bertoua, chef lieu de la Région de l'Est et à 230 km de Yokadouma, Chef-lieu du Département de la Boumba et Ngoko.

L'éloignement de cette localité d'avec les grandes métropoles rend difficile l'approvisionnement des populations en biens économiques, relevant de ce fait le coût du niveau de vie. La distance représente un handicap pour le développement socio-économique de  Moloundou. L'arrêt des activités de la société SIBAF dans le site de Kika, devenue ALPICAM en est parfaitement illustratif. Et à cause du ralentissement des activités de la filière bois, le nouveau partenaire d'exploitation bois (ALPICAM) de la Commune a opté pour la minimisation de ses coûts de production en conservant uniquement en activité le site d'exploitation de Mindourou, qui est plus proche de Yaoundé et de Douala. Cette situation induit deux conséquences. Premièrement, l'institution communale est contrainte à revoir ses prévisions budgétaires à la baisse, deuxièmement la hausse du taux de chômage et la baisse des revenus des populations. De plus, l'éloignement associé au mauvais état de la route, constituent un frein à l'écoulement de la production agricole locale, tel que le cacao, le café et les produits vivrières. Toutefois, la proximité du Congo est un marché potentiel pour les produits forestiers non ligneux et certains produits issus des produits vivrières tel que : Bananes plantains, Macabos, ignames et manioc.

Le climat

Pour le climat, la Commune de Moloundou subit dans son ensemble l'influence du climat équatorial de type guinéen classique. La mousson et l'harmattan, qui forment le front intertropical, donnent au climat son rythme saisonnier, qui se caractérise par quatre périodes bien distinctes :

-          La petite saison des pluies, qui va de mi-mars à fin juin ;

-          La petite saison sèche, qui va de fin juin à la mi-août ;

-          La grande saison des pluies, qui s'étale de la mi-août jusqu'à la mi-novembre ;

-          La grande saison sèche, qui s'étale entre la mi-novembre et mi-mars.

Il est important de noter que les changements climatiques, qui affectent la plupart des régions du monde et du Cameroun, n'épargnent pas l’Arrondissement de Moloundou. Le climat de la zone subit de nombreuses mutations dues à une exploitation forestière lourde. Les températures sont de plus en plus élevées, de même que le niveau des précipitations et ces fortes précipitations entraînent les pourritures dans les plantations de cacao, diminuant ainsi la production cacaoyère et par ricochet les revenus des populations. Dans le même registre, les activités des populations locales subissent des modifications. Les femmes interrogées déclarent être dans l'impossibilité de pratiquer la pêche à la nasse, à cause du niveau des eaux qui est constamment élevé dans les sources.

La composition Géologie et pédologie : La région est composée de formations précambriennes de la série du Dja inférieur ; les formations géologiques qu’on rencontre sont :

·         Les schistes et les grès quartzites du Bek. Ces formations sont observées sur l'axe Moloundou- Yokadouma ;

 

·         Les intrusions doléritiques, orientés au sud-ouest, nord-ouest traversent la forêt communale de Moloundou dans sa partie nord-ouest : Ces intrusions doléritiques se présentent sur les aspects très variés allant du gabbro doléritiques à la dolérite franche avec des faciès schisteux dans les bas fonds ;

 

·         Un complexe lithique dans la partie sud de la région, où on retrouve les schistes bruns foncés à clivage ardoisier et des schistes argileux détritiques à intrusion de quartz et feldspath.

Ces formations géologiques sont rencontrées en bas relief par des alluvions d'âge quaternaire. Trois types de sols peuvent être distingués dans la localité de Moloundou, à savoir :

·         Les sols ferralitiques rouges dérivés des roches métamorphiques qui représentent l'essentiel des sols de la zone ;

 

·         Les sols ferralitiques rouges dérivés des roches basaltiques ;

 

·         Les sols à Gley ou alluviaux et les sols hydromorphes rencontrés en bordure inondable.

La zone de Moloundou enregistre une importante production agricole, à cause de la fertilité de ses sols, la période de jachère se situant entre une et trois années. Cet atout géographique permet aux populations de jouir d'une autosuffisance alimentaire et de supporter l'approvisionnement du nord du Congo-Brazzaville en produits vivriers.

Hydrographie : L’Arrondissement de Moloundou est arrosée par un important réseau de cours d'eau. Les fleuves Boumba et Dja sont des affluents de la Ngoko. On dénombre également un important nombre de rivières, à savoir : Beck, Mbandjani, Malapa, Lobeké, Djombi, Lorlais et Lopondji.

Végétation : Les formations forestières sur sol ferme appartiennent au secteur forestier semi caducifolié du domaine de la forêt dense humide semi caducifolié guinéo congolaise, représenté par deux types de formations forestières:

·         Les forêts semi caducifoliées à Sterculiacée et Ulmacée ;

 

·         Les forêts mixtes, semi caducifoliées et des forêts toujours vertes du Dja avec prédominance d'éléments des forêts caducifoliées.

Parmi les principales essences rencontrées, on a : l'Ayous (triplochyton scleroxylon), le Fraké (terminalia superba), le sapelli (entandrophragma cylindricum), le Padouk rouge (pterocarpus soyauxii), le Tali (Erytrophleum ivorense), le Kotibé (nesohordinia fera ou papaveri fera), le Diana Z (celtis zenkeri), le Kossipo (entandrophragma candolei) et le Dibetou (lovoa trichilioides).

Les formations végétales sur sols hydromorphes, constituées de forêts marécageuses inondées temporairement, se retrouvent dans les zones affaissées, ainsi qu'à la périphérie des zones marécageuses. Les forêts marécageuses inondées en permanence sont caractérisées par la présence de différents types de raphia, dont les plus rencontrés sont le raphia Hookeri et le raphia Mombuttorum. Ces formations sont caractérisées par la présence des essences, telles que le Bahia (migragyna ciliata), le Rikio (uapaca guineensis), l'Odjobi (xylopia staudtii) et le Nsangomo (allamblackia floribunda).

La localité de Moloundou est caractérisée par une biodiversité riche et diversifiée. Pour ce qui est de ses forêts, elles regorgent de nombreuses essences de bois commercialisables ainsi qu'une forte diversité de produits forestiers non ligneux (PFNL) comestibles. La richesse de la végétation constitue la principale source de revenu des populations forestières.

La faune : Les études et observations, faites dans la zone où se situe la forêt communale de Moloundou, font ressortir que la densité de la population faunique est très élevée dans cette zone. Elles ont permis d'identifier:

·         96 espèces de papillons appartenant à 17 sous-familles ;

 

·         194 espèces d'oiseaux ;

 

·         Plusieurs espèces de mammifères (éléphant, buffle, chimpanzé, gorille, panthère, statuga)

Malheureusement, la densité de cette faune a diminué, à cause de la chasse intensive, surtout pour celle des mammifères. L'exploitation forestière est un catalyseur du braconnage. Le de-viergement des forêts, à travers les activités liées au prélèvement du bois, facilite l'accès au milieu de vie des animaux. En effet, les pistes forestières créées pour l'exploitation aident les braconniers à atteindre facilement les animaux. Ce qui contribue à la destruction de l’écosystème de notre environnement.

Le milieu humain et sa dynamique : La population de l’Arrondissement de Moloundou en générale et en particulier de la commune de Moloundou est composée en majorité de Baka et de Bantou. Les sources orales disent que les Baka sont les premiers habitants de la zone forestière en provenance des plateaux de l'Oubangui (République centrafricaine). Leur période précise d'installation reste encore difficile à préciser, mais, certaines études sont menées actuellement par les anthropologues Japonais dans la zone de Ndongo avec l’assistance de Monsieur Nsonkali Charles. On compte plusieurs ethnies parmi les Bantou, à savoir : les Bangando, les Bakwéle, les Bomam et les Sangha-sangha. L'installation des Bangando dans la région par exemple a été forcée par l'administration coloniale allemande lors de la création de la route Moloundou-Yokadouma entre 1900 et 1915. Quand au peuple Bakwéle il s'est installé dans la zone en deux vagues. La première est venue du Congo vers les années 1910, fuyant les travaux forcés de la construction du chemin de fer. La deuxième vague, quant à elle, serait venue en amont du fleuve Ngoko pour s'installer, à la demande de l'administration, sur l'axe Moloundou-Ndongo, au début des années 1960. La population allogène est constituée des Makia du haut Nyong, Kounabembe, Ponpong, Mpimo de Yokadouma, Bamoun, Bamilékés et peuls pour le commerce. Elle est concentrée dans la ville de Moloundou et dans certains villages carrefours de l’Arrondissement, comme Nguilili, Mambélé, Koumela et le carrefour SEBEC. Leur arrivée dans la zone s'expliquerait par la recherche de l'emploi dans les sociétés forestières et le commerce. On compte aussi des personnes d'autres nationalités parmi ces populations. Elles sont pour la plupart des Congolais, des Centrafricains et des Maliens.

Les statistiques sur les effectifs de la population de la commune Moloundou ont été obtenues auprès de l'autorité administrative, l'estimation de la population serait de plus 40 000 habitants. Une estimation des derniers recensements. En terme de répartition, on constate que :

La population masculine représente 51% alors que la population féminine est de 49%. La tranche de 15-64 ans est la franche la plus représentative, soit 56% de la population totale. La population disponible active est estimée à 43% de la population totale. La population de la commune de Moloundou est en majorité jeune, ce qui constitue un atout pour les chantiers forestiers et la pratique de l'agriculture. La disponibilité d'une main d'œuvre locale jeune représente une opportunité pour le développement des activités autres que le prélèvement du bois, que sont la récolte des Produits Forestiers Non Ligneux et l'éco-tourisme.

Etat des lieux du développement de Moloundou : Le diagnostic sur le développement dans la commune de Moloundou se penche d'une part sur les activités économiques et d'autre part sur les infrastructures sociales de base.

Les activités économiques : Le secteur primaire est le plus dominant parmi les activités de production menées dans la Commune. Les principales sont : l'agriculture, l'élevage, la pêche, la chasse, l'artisanat et l'exploitation forestière. L'agriculture, pour sa part, y prend deux formes : une agriculture vivrière et une agriculture de rente.

Les opérations culturales se font en grande partie par la main d'œuvre de Baka et familiale. Les hommes s'occupent généralement du défrichage et de l'abattage, dans une moindre mesure du nettoyage. Le reste des opérations (nettoyage, semis, entretien, récolte) est conduit par les femmes et les enfants. Par ailleurs, la main d'oeuvre Baka est de plus en plus sollicitée par les Bantous pour les activités champêtres. Le système cultural est l'association de plusieurs cultures. On retrouve sur la même parcelle, à des proportions variables : manioc, banane plantain, arachides, maïs, macabo, igname, patate, ananas. Les produits agricoles sont auto-consommés et une partie est destinée à la commercialisation. L'activité agricole dans la commune connaît beaucoup de difficultés. La première est celle de l'écoulement difficile de la production. La destruction des plantes par des ravageurs (chimpanzés, gorilles) en est la seconde. Et la troisième est liée à la production, qui connaît des problèmes d'étroitesse des parcelles mises en valeur et de manque d'assistance technique et matérielle.

La principale culture de rente dans la localité est le cacao et un peu le café. Celle-ci est essentiellement la propriété des Bantous. La culture du cacao est souvent pratiquée seule. On lui associe parfois quelques arbres fruitiers, tels que l'avocatier, le safoutier, les orangers, les manguiers sauvages. La culture du cacao reprend de l'importance ; à cause de la revalorisation des prix, on constate un renouvellement des anciennes plantations. Cependant, cette culture connaît des problèmes de baisse de production, à cause du vieillissement des plantations, du manque d'assistance technique, et du manque de produits phytosanitaires.

Toutefois, il faut relever la diminution des surfaces cultivables, au profit des différents titres d'exploitation et des aires protégées. Les restrictions juridiques interdisant la pratique de l'agriculture dans les forêts communales et les UFA induisent une raréfaction des terres cultivables, ainsi des conflits éclatent au sein de la population. La production agricole a une tendance baissière, à cause de la destruction les plantations de cacao et de champs vivriers qui n'a pas fait suite à un remplacement de ceux-ci. A titre d'exemple, dans tous les villages riverains à la forêt communale dans les zones Bangando et Djako’o, il y a eu aucune création de nouvelles plantations de cacao, afin de remplacer celles détruites par l'aménagement du massif forestier. Notons que les Baka s’intéressent déjà cette culture de rente, on peut compte une dizaine dans la zone djako’o et  une quinzaine dans la zone Bangando. Nonobstant,  la plupart mette leur plantation en location aux allogènes et aux Bantou de la commune.

La chasse est une activité principale, elle vient après l'agriculture et son intensité s'explique par la richesse de la faune dans la région. Cependant, la faune suscite un regard particulier des pouvoirs publics et des ONG dont l'objectif est de la protéger. On retrouve donc deux types de chasse dans la zone : la chasse contrôlée ou sportive et la chasse traditionnelle de subsistance. La chasse sportive est pratiquée dans les zones d'intérêts cynégétiques (ZIC) et les zones d'intérêts cynégétiques à gestion communautaire (ZIGGC). La commune de Moloundou compte deux (02) ZIC et trois (03) ZICGC.

La chasse traditionnelle de subsistance est exercée par les populations riveraines pour la satisfaction de leurs besoins. Les Bakas, les Bakwelés et les Bangandos sont des chasseurs de tradition, mais les Bakas le sont davantage. Les principales espèces chassées sont : le rat de Gambie (cricetomys sp), l'atherure (atherurus africainus), le pangolin à longue queue (manis tetradactyla) et le céphalophe bleu.

L'industrie est un secteur très limité dans la commune de Moloundou. La seule activité industrielle tourne autour de la transformation industrielle du bois. Les activités du secteur tertiaire qu'on retrouve dans la Commune de Moloundou sont : la micro-finance, l'éco-tourisme et le commerce. Ces activités sont caractérisées au Cameroun par une forte prédominance du secteur informel. L'analyse de la répartition des emplois par secteur institutionnel met en évidence la place prépondérante du secteur informel : plus de 90 % des actifs occupés y sont employés. Cette structuration du marché du travail s'explique notamment à travers la place occupée par l'emploi informel agricole, qui occupe à lui seul 55,2 % de l'emploi global, tandis que l'emploi informel non agricole en représente 35, 2 %. Ces statistiques reflètent la situation de l'emploi dans la commune de Moloundou, où le secteur agricole et les petits métiers sont les principaux pourvoyeurs d'emplois.

Les infrastructures sociales de base

Le logement

On observe une forte prédominance des logements en matériaux locaux dans la commune de Moloundou. En milieu rural comme en milieu urbain, près de 80% des maisons sont en matériaux locaux. La plupart des maisons est construite en terre battue et quelques fois avec des planches, issues des déchets des scieries de transformation du bois. Toutefois, ce type de construction se caractérise par une durée de vie très limitée en raison des attaques par les termites. On note tout de même quelques logements construits en briques sur l’impulsion de Monsieur IPANDO Jean Jacques, Maire de ladite Commune, surtout dans la zone urbaine. Pour les Baka, ils vivent dans des huttes construites à l'aide des branches de jeunes arbres et des feuilles trouvées en forêt. Mais, le mode d'habitat de ces derniers a évolué depuis quelques années. La tendance observée sur le terrain montre que de nombreux Baka de Moloundou aspirent à la modernisation de leur milieu de vie dû à leur association avec les Bantou.

L'eau : La couverture en eau potable est insuffisante à Moloundou. Les données sur la situation générale sont inexistantes. Toutefois, les observations faites sur 23 villages montrent que 03 seulement sont pourvus en points d'eau fonctionnels : trois (03) puits aménagés et deux (02) forages. L'approvisionnement en eau dans la ville de Moloundou est assuré par des forages et des puits. L'absence d'eau potable est à l'origine d'une recrudescence des maladies hydriques, qui occupent le troisième rang en ce qui les maladies les plus récurrentes. Toutefois, la commune a initié un projet d'adduction d'eau dans la ville de Moloundou depuis le mois de juillet 2009. Malheureusement, le projet ne concerne que le centre urbain de Moloundou, à cause de l'insuffisance des moyens financiers communaux. Ainsi, la mise en oeuvre de la forêt communale constitue une potentielle source de financement pour la réalisation des forages dans les villages.

L'électricité

Le ravitaillement en énergie électrique est le privilège des populations de la ville de Moloundou. Il est assuré par AES-Sonel. Dans la majorité des villages, les populations utilisent des bougies ou des lampes à pétrole. Elles sont, par conséquent, dans l'impossibilité de disposer des médicaments et des vaccins qui ne se conservent qu'au froid. L'absence d'énergie électrique exclut ces populations de la communauté internationale par défaut de communication. En somme, cette situation retarde fortement le développement dans la localité.

L'éducation : Malgré les efforts consentis par l'Etat, la municipalité, les missionnaires et les communautés, beaucoup reste encore à faire pour assurer l'accès à l'éducation pour tous dans La commune de Moloundou. Plusieurs maux minent l'enseignement dans la commune de Moloundou. L'enseignement primaire fait face à un manque d'écoles et d'infrastructures dans de nombreux villages. En outre, on relève une insuffisance criarde du personnel enseignant. Les statistiques présentées dans la carte scolaire du Cameroun de 2010 montrent que les régions de l'Est, de l'Adamaoua, du Nord et de l'Extrême-nord ne reçoivent qu'une toute petite minorité du personnel enseignant formé et qualifié73. Le recours aux maîtres communaux et maîtres de parents d'élèves est l'astuce utilisée afin de palier au déficit et bien qu’aujourd’hui la Commune ne prend plus en charge les vacataires.

L'accès à l'éducation de base pour toutes les sensibilités sociales notamment le peuple Baka, reste marginal. Ce constat est beaucoup plus alarmant pour les jeunes filles Baka, comme l'atteste les informations récoltées auprès des services de l'éducation de base de Moloundou.

Tableau : Répartition des effectifs d'élèves dans la commune de Moloundou à la rentrée 2010/2011

Source : Inspection de l'éducation de base de Moloundou, mai 2011.

Trois raisons principales expliquent ces disparités entre les Bantous et les Baka. La première raison a trait à l'héritage culturel des Baka, ceux-ci n'ont pas encore subi les mutations socioculturelles qui démontrent la nécessité de l'instruction. La seconde est en relation avec le niveau des revenus qui ne leur permet pas de supporter les coûts d'une formation scolaire. Enfin, les enfants Baka subissent une marginalisation de la part de leurs camarades Bantous, ce qui rend difficile leur intégration dans le milieu scolaire.

L'enseignement secondaire est représenté dans la commune par le Lycée Classique, le Lycée Technique et la SAR/SM. Le taux de scolarisation est bas, comme l'atteste les effectifs dans ces établissements lors de l'année académique 2010/2011. Ainsi, le lycée classique de Moloundou compte pour la dite année scolaire un effectif de moins de 400 élèves, dont 253 garçons et 145, le Lycée n'a accueilli que 16 Baka pour une fille. Le lycée Technique, quant à lui, compte un effectif de 249 élèves, dont 101 filles et 148 garçons à la rentrée, seuls deux (02) Baka y sont inscrits. Le bas niveau de scolarisation s'explique d'une part à travers la présence des sociétés forestières dans la localité, parce que les jeunes veulent vite gagner de l'argent et délaissent leur formation académique au profit des emplois temporaires dans le secteur forestier. D'autre part, une bonne frange de la population se trouve dans l'incapacité de supporter les dépenses liées à l'éducation et le mariage précoce.

La zone de Moloundou n'est pas en reste par rapport à l'inadéquation entre la formation et l'insertion socioéconomique relevées dans le système éducatif camerounais. Nonobstant le potentiel agricole et forestier de la région, il n'existe pas d'école de formation visant à valoriser ces domaines. La majorité des élèves, qui abandonnent les études, ne peuvent travailler que dans l'informel.

La santé : La santé constitue l'un des éléments vitaux du capital humain de qualité. L'offre de santé dans la commune de Moloundou est caractérisée par un fonctionnement plus ou moins performant des structures sanitaires. Le secteur de la santé est confronté à l'insuffisance des infrastructures sanitaires et des personnels soignants tant en qualité qu'en quantité. Le tableau ci-dessus retrace la carte sanitaire des formations sanitaires dans la zone de Moloundou.

Tableau N°2 : Situation des formations sanitaires de l'arrondissement de Moloundou.

Source : Notre Enquête de terrain de mi-juillet 2010

Les formations sanitaires de la commune sont actuellement sous-équipées en meubles, chaîne de froid, matériel chirurgical, appareillage et matériel roulant. Le problème d'équipements se pose avec acuité pour la morgue de l'hôpital de district qui n'est pas fonctionnelle. Le personnel de santé est en nombre insuffisant. L'aire sanitaire de Moloundou compte au total deux (02) médecins et 09 infirmiers. Ainsi, les médecins et quatre (04) infirmiers exercent à l'hôpital de district de Moloundou, tandis que les autres formations sanitaires disposent du reste des infirmiers.

Le taux de séroprévalence dans la Commune de Moloundou fait partie des plus élevés du Cameroun. Les données relatives à la séroprévalence recueillies à l'hôpital de district de Moloundou en sont une parfaite illustration.

Tableau N°2: Données chiffrées relatives au dépistage du VIH/SIDA en 2007 et 2008 à l'hôpital de District de Moloundou

Source : Hôpital de district de Moloundou, mai 2009

La pandémie du VIH/SIDA est alarmante dans la commune de Moloundou, d'autant plus qu'aucune formation sanitaire n'est capable de procéder à un simple test, à cause du manque de réactifs. En outre, les agents de relais communautaire, dont la mission est la sensibilisation des populations sur toutes les questions relatives au VIH/SIDA, ont cessé leurs activités faute de financements. De plus, il n'existe aucune structure de prise en charge pour les malades séropositifs dans la circonscription. Les personnes vivant avec le VIH/SIDA, malgré le manque de moyens financiers, doivent aller parfois jusqu'à Bertoua pour l'achat des antirétroviraux.

Organisation sociale : Les éléments de l'organisation sociale traditionnelle de la Commune, qui peuvent être mis en exergue, sont : les chefferies, les associations initiatiques et quelques normes et règles de sociabilité. La commune de Moloundou est composée de deux cantons, à la tête desquels on retrouve des chefs de canton. Il s'agit des cantons Ndjako et Bangando. Chacun d'eux est constitué d'un ensemble de villages, à la tête desquels se trouvent des chefs de village. Ceux ci sont les principaux interlocuteurs entre les populations et l'administration ou la mairie. Le règlement de certains différents, qui peuvent opposer certains membres de leur village, relève également de leurs responsabilités. Chaque chef de village est assisté dans ses fonctions par un ensemble de notables. Par ailleurs, les sociétés traditionnelles, qu'on retrouve dans la commune, font parties des sociétés dites « acéphales ». Aussi, le pouvoir traditionnel n'y est il pas transmit selon le principe d'hérédité.

Parmi les associations initiatiques qu'on retrouve dans la commune de Moloundou, le Beka (circoncision traditionnelle) est le plus célèbre et le plus pratiqué, le Njegui est la deuxième, et les autres sont : le Namekot, le Bouma et le Dio.

Groupe

Effectif

Totaux

 

Garçons

 

1570

1 749

3322

BAKA

280

451

736

TOTAL

1 850

2 200

4058

Formation sanitaire

Types

Niveau de

fonctionnement

Causes du disfonctionnement

Hôpital de district de Moloundou

public

médiocre

-absence d'eau et d'électricité

-absence de médicaments et de

réactifs

-absence de personnel d'appui et

d'entretien

Centre de santé

urbain de
Moloundou

public

passable

-insuffisance de fonds pour

l'approvisionnement en médicaments -insuffisance de personnel soignant

Centre de santé

catholique de
Moloundou

privé

passable

-insuffisance de matériel

-insuffisance de réactifs pour le

laboratoire

-manque de moyens financiers pour pratiquer des prix sociaux

Centre de santé de Nguilili

public

passable

-insuffisance de personnel qualifié -manque de médicaments

Centre de santé

catholique de Yenga

privé

médiocre

-manque de personnel qualifié -manque de médicaments

Centre de santé de

public

nul

-travaux inachevés

 

Années

Nombre de personnes

dépistées

Nombre de personnes

séropositives

2007

152

26

2008

71

14

TOTAL

223

40

 

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