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Lettre ouverte aux organisations nationaux et internationaux sur le sort des pygmées Baka de l'Est Cameroun

27 Octobre 2012 , Rédigé par MICHEL NDOEDJE

Lettre Ouverte aux organisations Nationaux et Internationaux

sur le sort des pygmées Baka de la région du Sud-est cameroun.

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Messieurs,

 

            Nous avons l’honneur de venir très respectueusement auprès de vos institutions et organisations, pour vous présenter le sort des pygmées Baka dans la Région de l’Est Cameroun.

 

Effet, nous sommes extrêmement préoccupés par l'avenir des Pygmées Baka de la région, particulièrement dans les villages suivants : Moloundou, Ndongo, Mbateka, Yokadouma, Ngatto, Lomié et bien d’autres. Et voici, le pourquoi notre organisme Ngombi tè Ndum na Baka, lance un cri d’alarme pour trouver une solution à ce fâcheux problème du non-respect du droit d'usage des peuples de la forêt. 

 

Certaines structures du pays et de la région ne reconnaissent pas les Pygmées Baka en tant que peuple distinct et ne respecte pas leurs droits collectifs sur leurs territoires ancestraux. Par conséquent, l'industrie forestière, la politique de conservation ont été en mesure d'exploiter leurs terres en toute impunité sans qu'ils n'aient jamais été consultés à ce sujet.

 

Non seulement la plupart des forêts des Pygmées Baka et les ressources vitales qu'elles contiennent ont été détruites par l'industrie extractive, mais ils ont été exclus des autres régions désignées comme zone de « conservation » Les Baka vivent de façon durable dans les forêts depuis des générations. Ce n'est pas un hasard s'ils habitent dans les régions les plus riches en biodiversité de l’Afrique.

 

La plupart des zones ancestrales des Pygmées Baka sont riches en essences de bois et en minéraux. Les dernières forêts des Pygmées Baka font l’objet d’une rugueuse rivalité entre les exploitants forestiers et les conversationnistes. Les droits d’usages de ce peuple de forêt sont totalement ignorés dans cette compétition.

 

Et au Cameroun, les compagnies forestières multinationales se sont précipitées dès la mise en place des institutions pour exploiter les essences précieuses. Il est courant que les communautés Baka de ces zones forestières se fassent abuser en signant des conventions qui fonts contre leurs droits sur leurs terres, perdant ainsi leur patrimoine culturel, la source de leurs moyens de subsistance et de leur sécurité alimentaire en échange d’une poignée de sel, et quelques kilo de riz.

 

Ceci en résulte des effets dévastateurs sur les pygmées Baka, la forêt, le climat et l’avenir de ce peuple dans une extrême instabilité. De nouveau genre des exploitants forestières affluent dans le sillage sauvages des arbres, avides d’exploiter les terres enfin accessibles de ces peuples des forêts envers lesquels ils engagent une vive hostilité.

 

Les pygmées Baka ne peuvent plus sortir du cercle vicieux dans lequel ils sont pris, dépossédés de leurs forêts et donc de leurs moyens de survie, ils sont exploités par les Bantou (villageois et allogènes commerçants, travailleurs et fonctionnaires) qui profitent de la situation. Cette misère qui s’aggrave s’accompagne de la diminution de leur capacité à défendre leurs droits d’usages devant l’envahissant des forêts.

 

 

Dans le département de la Boumba et Ngoko, par exemple : plus 9 000 Baka qui vivent à la frontière du Parc national Boumba-Beck et Lobéké, se retrouvent acculés entre une zone de conservation et des terres cédées à l’exploitation forestière. Et n’ont reçu aucune compensation pour la perte de leurs terres, encore moins d’emplois, de services de santé ou autre réparation. Leur régime alimentaire s’est dramatiquement appauvri, n’ayant plus accès aux ressources de la forêt.

 

Expulsés et interdits de chasser et de cueillir. Ils n’ont jamais été consultés. La plupart vivent désormais comme des occupants sur des terres étrangères, dans la crainte continuelle d’être à nouveau déplacés, sans accès à la forêt et sans une terre qui leur soit propre. Les villageois agricoles font non seulement subir aux Baka une forte discrimination leurs utilisant comme des esclaves moyennant un salaire de 250F d’une journée de dur labeur sous le soleil.

 

Il est temps d’unir nos efforts pour trouver une solution pour sauver ce peuple qui risque de disparaître. Raisons pour lesquelles,  Nous appelons instamment les gouvernements et les organisations nationaux et internationaux à protéger les terres des Pygmées Baka et à reconnaître de toute urgence leur droit  fondamental à y vivre dans ces milieux. Il va sans dire que de telles mesures doivent être nécessairement accompagnées de leur reconnaissance en tant que peuple indigène distinct, jouissant de droits collectifs sur leurs territoires, droits qui sont inscrits dans la législation internationale, notamment dans la Déclaration des droits des peuples indigènes des Nations-Unies et dans la Convention 169 relative aux peuples indigènes et tribaux dans les pays indépendants de l'Organisation Internationale du Travail.

 

Sur ce, veuillez agréer l'expression de notre haute considération,

 

                                                                                              Pour le Groupe Ngombi te Ndum na Baka,

                                                                                              L’Administrateur: Michel Ndoedje

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