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Sédentariser les Baka? oui mais en Consolidant leurs cultures traditionnnelles au Modernisme.

7 Avril 2012 , Rédigé par MICHEL NDOEDJE

Introduction :

Un peuple peut-il s'éteindre comme une espèce végétale? Non. Mais les peuples autochtones sont souvent victimes de la confrontation avec la civilisation occidentale. Les Baka et bien autres: ceux qui ont survécu protègent aujourd'hui tant bien que mal leur culture dans un monde hostile, victimes de la dégradation de leur cadre de vie. Or, les peuples autochtones sont les conservateurs de nos traditions anciennes et avec leur disparition, c'est une part de l'héritage collectif de l'humanité qui s'efface à jamais. ? Est-il nécessaire de mener les Baka sur la voie de la sédentarisation ? Si oui comment consolider leurs cultures à la modernisation ? Voici la question au quelle nous devons tous répondre, pour pérenniser la culture de ce peuple.

Nous tenterons dans cette publication de retracer l’histoire des différents types de Pygmées, de proposer les groupes ethnies de Baka, de voir leur mode de vie, leur poids démographique, leur patrimoine matériel et immatériel, leur environnement social, leur culture et communication et leur situation actuelle face au modernisme (développement). Aussi, nous tenterons de proposer quelques solutions liées à leurs sédentarisations et à leur intégration dans le processus de la sédentarisation.

Nous avons jugé nécessaire, d’axer notre démarche à travers une méthode de travail progressive favorisant plusieurs analyses de données, afin de contourner certains manquements. Enfin, nous avons la prétention de faire un document parfait, puisque notre souhait est de voir cette publication être un document de recherche. Nous resterons donc ouverts aux critiques et aux propositions de tous.

Résumé :

Bien que le similaire de ce sujet a déjà été abordé par certains. Nous avons voulu réexposé ce sujet d’une autre manière pour éveiller la conscience de l’humanité, cette manière consiste à présenter le plus vieux peuple du continent noir, celui de l’Afrique Centrale (les Baka). Aujourd’hui répartis en une multitude de peuplades très différentes les uns des autres, les Baka de l’Afrique Centrale et dans la Région du Sud-Est Cameroun,  auraient eu un ancêtre commun il a plus de 50 000 ans, selon certaines études menées par les anthropologues du temps et les dernières études génétique réalisée sur eux.

Ainsi, les Pygmées, qui doivent leur nom à leur petite taille, comprise entre 1,40 m à 1,60 m suivant les régions dans lesquelles ils vivent, sont des chasseurs-cueilleurs éparpillés en une ébénisterie de peuplades dans toute l’Afrique équatoriale. Jusqu’à présent leur origine est un mystère, car ce peuple n’a pas une langue propre, ni de mythe fondateur, ni même une connaissance des uns et des autres qui pourrait suggérer une lointaine histoire commune permettant une indentification géographique.

Nous sommes motivés à parler d’eux, parce que ces derniers sont nos frères, même si nous ne sommes pas des Baka, nous le somme d’une autres manière parce nous y avons passé une bonne période  parmi eux, la forte communauté Baka du Cameroun se trouve dans le département de Boumba et Ngoko, Arrondissement de Moloundou et de Salapoumbé. Le présent objectif est d’invité les autorités politiques du monde entier à réfléchir sur la vie de ce peuple qui risque de disparaître comme ceux d’ailleurs. 

LOCALISATION :

Les Baka vivent dans le sud-est de la République du Cameroun. Mais surtout dans le Département de la Boumba et Ngoko, dans l’Arrondissement de Moloundou-Salapoumbé et une petite Communauté en République du Congo. Ils sont considérés comme les premiers habitants de cette région. Ils sont aujourd’hui environ 40.000, formant des groupes réduits d’une cinquantaine de personnes, en général toutes apparentées, qui vivent dans des campements temporaires de huttes, dans les hameaux, tout le long de la route (axe Yokadouma-Moloundou-Ndongo). Ils sont traditionnellement nomades et parcourent la forêt selon les saisons, à la recherche de gibier, tels des porc-épics ou des antilopes, qu’ils chassent avec des filets ou des lances, mais aussi de champignons, racines comestibles, ignames, baies, noix, miel, et chenilles qu’ils récoltent avec méthode. Comme tous les Pygmées, ce sont en effet des chasseurs cueilleurs qui savent tirer le meilleur parti de la forêt.

Au cours de la saison sèche, ils se rapprochent des agriculteurs Bantous et ont tendance aujourd’hui à se sédentariser. Ainsi, par exemple dans les villages Mbatika et Ndongo, villages mixtes où les Baka se sont fixés et cohabites avec les Bantu « les Bangando, les Bawelés » Cette cohabitation est difficile, car les Baka sont victimes de racisme et sont asservis et exploités. Ils aident les Bantu à défricher les plantations cacaoyères, bananes plantains, participent aux travaux des champs ou et se livrent à la grande chasse pour eux. Cependant, repoussés par l’exploitation agricole et forestière, certains groupes ont préféré se replier en forêt profonde.

Ils vivent dans les forêts les plus riches en biodiversité de la sous-région de l’Afrique Centrale. Ces forêts abritent des concentrations élevées et diverses populations de grands mammifères (éléphants, gorilles, bongos et autres ongulés forestiers). Mais, avec des modifications causées par une exploitation forestière accélérée au cours des dernières décennies, et la création en 1995 des trois Parcs Nationaux de Lobéké, Boumba-Bek et Nki.(Ces Parcs qui ont reçu le statut de Zone Essentielle de Protection. Avec  la création l’UTO Sud-Est en 1999. Dans la même année le Gouvernement du Cameroun a enregistré ce site de Lobéké comme « Don à la Terre », suivi en 2001 par son classement comme Parc National)Et le système de vie des Baka a changé et ils sont mêmes chassés des forêts par l’Etat et par les organismes : WWF et GTZ.

Origine :

Pour reconstituer les rejetons ténus qui subsistent entre les groupes actuelles, le laboratoire de l’Institut Pasteur de Paris en France s’est livré à une patiente étude que vient de publier la revue Biologie du Centre Pasteur. Les chercheurs ont pu établir un modèle historique de parenté entre 604 personnes du Cameroun, du Gabon et du Congo, dont des Pygmées Baka, Koya, Bongo, Bezan et Kola, en étudiant une vingtaine de leurs marqueurs génétiques. Grâce à un programme informatique mis au point par l’équipe d’Arnaud Estoup, chercheur à l’Inra de Montpellier en France, ils ont pu tester plusieurs millions de possibilités d’évolution historique, comme l’a indiqué Paul Verdu, chercheur au Musée de l’homme, à Paris et premier auteur de l’étude, lors d’une interview dans une revue scientifique. Le scénario le plus compatible avec la situation génétique actuelle montre une origine commune de tous les Pygmées de l’Afrique Centrale et ceux de l’Afrique de l’ouest, qui remonte à plus de 50 000 ans, et le début de leur fragmentation en divers peuplements il y a environ 2 800 ans.

Cette dernière date correspond à la révolution du néolithique qui a introduit l’agriculture et la langue Bantou dans une grande partie de l’Afrique subsaharienne. «La création de routes et l’émergence de nouveaux modes de vie liés à ce bouleversement ont alors pu isoler progressivement les populations pygmées dans leur habitat d’origine, qui était et reste le plus souvent la forêt», précise Paul Verdu. Et cette marginalisation se poursuit encore actuellement en Afrique.

Des recherches génétiques similaires sont en cours sur d’autres peuples pygmées, installés plus à l’est du continent, entre le Soudan et la Zambie, pour déterminer si certains d’entre eux peuvent encore être les lointains héritiers de populations distinctes ayant évolué d’une manière convergente ou si tous les Pygmées africains descendent d’un ancêtre commun ?

La définition du Nom Pygmée est souvent relative à la conception élémentaire de tous les chercheurs, ainsi certains attribuentle terme«pygmée» nom englobant une variété degroupes de personnesréparties dans la forêt tropicale humidedu Bassin du Congoen Afrique centrale, partagent certaines caractéristiquesculturelles.

Mais, l'ethnonyme Pygmée est un pseudo universel que, les Grecs ont donné aux hommes de petite taille. Il signifie nabot ou nain. Homère fut le premier à l'utiliser au IVe siècle avant J.C. dans les récits de la guerre de Trois. (E. Endamena Atem, Evolution des Pygmées Baka de Mintom, Yaoundé, MINREST, 1992, p.5). Toutefois, il convient de relever que les anciens Grecs ne connaissaient les Pygmées d'Afrique que des traits légendaires.

Ce sont les Egyptiens anciens qui les premiers firent leur connaissance. C'est ce qui ressort des aventures d'Irkhouf, chef de guerre du Pharaon Pepi II qui ramena au souverain les captifs de guerre parmi lesquels un nain du «pays des esprits» et des «arbres» qui fut un grand danseur de la cour, (Père Engilbert Mveng (R.P.), Histoire du Cameroun, tome I, Yaoundé, CEPER, 1984). D'après le nom qu'ils se donnaient, les Egyptiens les nommaient Baka parmi eux se trouvaient les Aka ; c'est cette inscription que l'on retrouve en hiéroglyphe sur une pyramide en dessous des nains agenouillent devant le Pharaon, figure de sa nation vaincue. Et ces noms revient dans les écrits du chercheur allemand Schweifuth, auteur de leur redécouverte au XIXe siècle. Dans son ouvrage intitulé aucœur de l'Afrique, il les présente au chapitre VII sous ces noms qu'ils portent dans cette région (Trilles(R.P.), l'âme du Pygmée...P.46). C'est également par ce même nom que les pygmées du département de Boumba et Ngoko se désignent dans leurs légendes les plus anciennes, leurs chants, leurs incantations et depuis les origines se désignaient eux-mêmes par le nom Bakaqui signifie en égyptien «les hommes» ; ils se reconnaissent donc comme tels. Ainsi, dans toutes les tribus, le nom originel est «Hommes». Il en est ainsi du terme Bantu qui selon le Père Engilbert Mveng, est le pluriel de Ntu et signifie «les hommes». L'expression «les pygmées Baka ou Aka» utilisée pour désigner les Pygmées d'Afrique centrale veut dire «les hommes nains». Ceci restitue l’abnégation aux Pygmées de façon déterminante.

Pour ce qui est des Pygmées du Sud-Est Cameroun, ils ont été présentés par le Père Schebesta comme étant les Babinga ; terme qui signifie les «hommes de la lance». A la question du père Dellemmes de savoir pourquoi ils se nomment eux-mêmes Baka, ils répondent qu'ils ressemblent aux oiseaux qui ne tiennent pas en place ; qui se posent uninstant sur la branche (Bakama) avant de s'envoler. Ce nom symbolise donc la liberté et la grande mobilité qui les caractérisent. En somme, les grands nomades de la forêt.

La question de l'ancienneté ou de l'antériorité des Pygmées dans la forêt reste l'une des préoccupations majeures des études relatives à ce peuple. Bon nombre de mythes du Cameroun méridional font intervenir les Baka comme une population autochtone préétablie et subissant l'invasion des Bantu. Les légendes recueillies dans les cantons Mpoum-po'oh, Kounabeemb, Bangando et Djako’o relatent que les Pygmées habitaient les troncs et lessouches d'arbres d'où les Bantu sont venus les déloger. Les Bangando et les Essel affirment que leur rencontre avec les Pygmées s'est déroulée lors de leurs migrations et que ces derniers leur ont servi de guide dans leur progression et parfois d'éclaireurs lors des différentes campagnes guerrières contre les Bawelés pour la conquête des terres. Ces traditions affirment de façon unanime l'antériorité des Pygmées dans l'univers sylvestre du Sud-Est malgré l'absence des données archéologiques.

Par contre, Nda Ywell E Ziem,anthropologue Gabonais, déclare qu’à partir des faits de l'histoire despeuples de la sous-région de l’Afrique Centrale, estime que l’antériorité des Pygmées sur les Bantu est contestable. Pour cela, il s'appuie sur les similitudes dans le domaine de l’autosubsistance. Aussi écrit-il  que «la population archaïque de la région aurait été de deux sortes : les « grands hommes » et les « petits hommes » à l'instar de la situation actuelle». Ce point de vue remet sur la sellette la thèse de l'origine des Bantu en Afrique centrale où ils ont toujours vécu aux côtés des Pygmées ?

Au demeurant, cette thèse établit l'ancienneté de deux communautés dans la région tout en infirmant l’antériorité des Pygmées sur les Bantu, antériorité attestée par les traditions orales qui ont désormais droit de cité dans l'historiographie africaine depuis que le mythe du document écrit s'est effondré. Ainsi, nous préférons nous en tenir aux propos du Père Trilles qui estime que «les Pygmées constituent la race la plus ancienne vivant actuellement sur la terre». En observant leur mode de vie dans cet environnement, ils se comportent en véritables maîtres des lieux. Ils auraient tout simplement changé d'emplacement. Pour être complet dans cette présentation, il serait utile d'esquisser le portrait physique du Pygmée, qui tout au moins, reste sa principale caractéristique.

Donc, avant la découverte du peuple des hommes de petite taille, le terme « pygmée », était déjà hérité par la Grèce antique. Le terme était utilisé en ethnologie pour désigner différentes populations de petites tailles, donc le nom pygmée n’est pas seulement la propriété du Baka ou aux  autres races de la même famille, mais, utilisé pour designer tout homme de petite taille.

 

Le thème désigne aujourd’huiles anciens habitant du contient et plus particulièrement de l’Afrique équatoriale, puisqu’il s’agit d’eux que nous parlerons dans cette publication. Au vu des analyses, chaque tribu à un nom identique, donc il existe de groupe. Comme par exemple les Bagyeli et les Medzan  du Cameroun, les Baka et Bagombe du Cameroun, du Gabon et du Congo, les Bongo et les Kola  du Gabon et du Congo, les Aka et Mbenzele de la Centrafrique et du Congo, les Twa, Mbutiet les Batwa de la République Démocratique du Congo et du Rwanda. Chaque groupe parle sa propre langue mais des mots communs, tels « Jengi », qui désigne l’esprit de la forêt, permettent de penser que tous les pygmées ont possédé jadis une même langue. Les Pygmées partagent tous en effet cette relation étroite et vitale avec la forêt: pour eux, la forêt est un dieu, une « mère nourricière », qui leur offre tout ce dont ils ont besoin. Elle les protège, les nourrit, les soigne, les distrait. Ils vivent de chasse (petits ou grands mammifères) et de cueillette (plantes sauvages, champignons, chenilles) et ont su développer de nombreux savoirs écologiques traditionnels: ainsi connaissent-ils précisément la faune et la flore de la forêt équatoriale, pour les besoins notamment de la chasse, de la pharmacopée ou même de la musique et la danse, comme les Baka de l’Est Cameroun à Moloundou.

 

 

 

Les clans et lignage :

La parenté repose sur une organisation clanique et lignagère. La filiation s’établit sur le principe de l’unilinéarité (filiation patrilinéaire ou matrilinéaire) selon l’aire géographique en présence et les contacts fréquents avec les voisins bantus.

Comme nombre de peuples autochtones, les Pygmées sont menacés d’acculturation ou de disparition. Les Pygmées sont d’abord victimes de la déforestation. Ils voient leur forêt tropicale humide menacée par les coupes de bois et ils sont chassés par les organisations étrangères et l’Etat dans cette forêt. Ils sont continuellement privés de leurs droits par des gouvernements qui ne les considèrent pas comme des citoyens égaux. Exemple : dansl’est de la RDC et au Rwanda, les forêts ont disparu si bien que les Batwa survivent aujourd’hui difficilement comme ouvriers agricoles ou mendiants. Au Cameroun, les Baka sont envoyés dans les grands prions pour braconnageet la construction de l’oléoduc Tchad-Cameroun a bouleversé la vie des Bagyeli qui ont été expulsés de leur territoire. En 2002, des Pygmées Mbuti ont été victimes de massacres atroces dans les provinces d’Ituri et du Nord Kivu, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Souvent, les Pygmées sont victimes de racisme et sont exploités par d’autres ethnies. Contraints à s’assimiler et à abandonner leur mode de vie traditionnel, ils peuvent travailler comme ouvrier saisonnier dans des exploitations agricoles, plantations cacaoyère où on les paie 250Fcfa la journée où parfois en leur fournissant de l’alcool. Il arrive que les jeunes femmes soient exploitées sexuellement et forcées à se prostituer. Des menaces d’ordre sanitaire planent ainsi sur les Pygmées: en se sédentarisant, les Pygmées côtoient davantage les ethnies voisines et sont désormais touchés par le sida. Le nombre de personnes infectées par le VIH/SIDA est en augmentation et les violences sexuelles sur les femmes aggravent cette situation.

Au vu des chapitres précédents, nous devons, Repenser l’approche et responsabiliser des Baka.Puisque « ce que les Baka vont devenir dépend à la fois de ce qu'ils seront en mesure de décider eux-mêmes et de ce que les systèmes d'autres acteurs sociaux leur permettront de déterminer (...) » (SINGLETON Michael, « Identité Culturelle », in Revue Vivant Univers, 1991, p. 35.).

« Les peuples indigènes et leurs organisations sont aujourd'hui partagés entre insatisfactions et attentes vis-à-vis de divers partenaires potentiels : structures missionnaires, gouvernements, agences de coopération, organismes de conservation, acteurs de la recherche. Tout comme d'autres groupes-cibles du développement, les peuples indigènes doivent être pris comme des partenaires » (BRAEM François ; « Les peuples indigènes en quête de partenaires », in Les Peuples des Forêts Tropicales aujourd'hui, Volume II, Bruxelles, 2000, p. 564).

Autant de publications sur le sort de ces hommes, mais depuis qu’est qui a été fait pour une solution adéquate ? De mon avis rien. Malgré l'attention croissante dont ils font l'objet de la part de l'Etat, des organisations non gouvernementales nationales et internationales, les populations Baka, restent pauvres et marginalisées de la vie politique, économique et sociale. Leurs conditions de vie demeurent précaires et incertaines. Or, dès 1960, l'Administration Camerounaise avait entrepris de développer le processus de leur sédentarisation et l'amélioration de leurs moyens d'existence. Les objectifs visés étaient d'assurer leur intégration socio-économique dans la société et de promouvoir leur autonomie économique, financière et sociale1. L'action de l'Etat a été progressivement complétée sur le terrain par celle des églises et des organisations non gouvernementales qui ont appuyé et accompagné ces populations dans les domaines de l'éducation, de l'agriculture et de la santé, le cas de la mission Catholique de Moloundou avec la sœur Thérèse. C'est dans ce cadre qu'il faut situer les actions menées à partir des années 70 par l'Eglise Catholique, l'Organisation Néerlandaise de Développement(SNV) et l’APEEC, dans le département de la Boumba-et-Ngoko en général et dans l'arrondissement de Moloundou et le district de Salapoumbe en particulier. Elles ont été suivies par des initiatives d'autres institutions gouvernementales et non gouvernementales du pays.

Aujourd'hui, le bilan de toutes ces actions menées depuis plusieurs années s'avère globalement mitigé. Mis à part certains résultats élémentaires obtenus dans les domaines de l'éducation et, dans une certaine mesure, de la santé, les programmes réalisés sont loin d'avoir contribué à la mise en place d'un processus de développement durable des populations Baka. Des éléments essentiels peuvent justifier cette faiblesse de conséquences enregistrés au cours des dernières décennies : une faible connaissance de la population Baka par les différents intervenants, un manque de suivi et de continuité dans les actions entreprises et une faible implication des bénéficiaires dans la conception et la mise en œuvre des activités des projets.

Et dans presque toutes les organisations actives sur le terrain en ce moment, l'unanimité est faite sur la nécessité d’étudier la chronologie de ce peuple, sans profit pour les Baka. Je crois qu’il est question de changer d'approche et de démarche. Dorénavant, il est souhaitable de responsabiliser les Baka dans la construction de leur propre développement, de cadrer toutes les interventions envisagées avec leur culture et garantir une continuité dans les actions menées avec elles. Il est souhaitable aussi d'appuyer le processus d'autopromotion des Baka en harmonie avec leur environnement écologique, culturel et social, par l'amélioration de leurs moyens d'existence et de leurs conditions générales de vie. Parce que là ou sa fâche, c’est que les organisations travaillants sur les projets y afférents aux Baka ne pensent qu’à leurs intérêts et sans se soucier de ce peuple. Comment peut-on concilier la protection de l’environnement sans se soucier des hommes qui y vivent depuis des centaines d’années ? Raisons pour lesquelles nous sollicitons une révision des mécanismes des mesures d’accompagnements des Baka.

Dans la logique géographie du peuplement Pygmée établit l'existence de trois principaux groupes ethniques Pygmées au Cameroun :

·         Les premiers sont lesBaka, est le plus important. Il compte près de 40.000 (quarante mille personnes) et occupe 75.000 km² dans le sud-est Cameroun. Ils n’habitent que la zone forestière, ils s’étendent à Lomié et dans la Boumba et Ngoko avec une forte concentration dans les Arrondissements de Moloundou et Salapoumbé où ils constituent les 2/3 de la population de ces zones.

 

·         Le deuxième groupe, sont les Bakola, que certains auteurs ont pris l'habitude d'appeler Bagyeli (Vallois, 1949 &Dikoumé, 1997), rassemble environ 3.700(trois mille sept cents personnes) et occupe 12.000 km² dans la partie méridionale de la région côtière, plus précisément, les arrondissements d'Akom II, Bipindi, Kribi et Lolodorf.

 

·         Le troisième groupe, les Medzan, avec moins de mille personne, subsiste au nord - ouest du Mbam, dans la région de Ngambé - Tikar.

 

·         Les Pygmées représentent globalement 0,5% de l'ensemble de la population du Cameroun. Mais, c’est la Commune de Moloundou qui nous intéresse plus précisément dans les secteurs de Mbatika et Ndongo. Et il faut noter que les Baka représentent plus de 65% de la population des Communes de Moloundou et de Salapoumbé.

Dans ces différentes aires de peuplement, les Pygmées font face à la marginalisation politique et économique, à la persistance de l'analphabétisme, aux conditions de vie précaires et incertaines, à la paupérisation croissante.

Caractéristique physique du Baka :

Primitivement, on reconnaît le Baka aux signes caractéristiques physiques, notamment le teint. Ce teint est plus clair chef les femmes que chef les hommes. Pour le Baka pur, le type est pur, de fois jaune rosée tirant sur le gris fondée.

            Pour ce qui est de la taille, il y a quelques années on pouvait rencontrer des Baka d’un mètre trente. Aujourd’hui la plus petite taille mesure 1,45m. Avec le croissement du Baka aux Bantu cette taille est dépassée aujourd’hui et ils se confondent aujourd’hui aux Bantu.

            Ici, la taille un caractère mineur, car chez les Bantu voisins aux Baka, certaines individus sont soit plus, soit aussi petits que les Baka. Quant aux groupes sanguins comme énoncé plus haut dans le chapitre de l’origine de Baka, on note que les recherches révèlent que ce qui caractérise les Baka (pygmées), c’est l’équivalence des groupes sanguins AB, O avec une proposition élevée des représentants AB et A comparativement aux autres peuples Bantu. Ce qui atteste l’originalité de la race Baka, caractérisée par un fort pourcentage du groupe AB (11% chez les Baka, 4,23% au plus chez les Bantu) et du groupe O plus faible (30% chez les pygmées au lieu de 40% et plus chez les noirs)-(Trilles RP.1945).

            Pour la langue, on s’est souvent interrogé si la langue Baka leur était authentique. Il est incontestable que si nous remontons à l’origine des Baka, ils ont eu un dialecte propre, qui s’est effrité quelques années pour devenir actuellement un mélange linguistique résiduelle et d’apports extérieurs plus ou moins déformés. Les Baka ont car même leur langue originelle. Mais ils adoptent plus facilement les dialectes de leurs voisins Bantu tout en conservant le leur. Nonobstant, avec le temps la langue perd sa véritable valeur due à la sédentarisation de ce peuple.

            En définitive, pour reconnaître le Baka objectif de cette étude, nous ne devons plus avoir l’habitude du regard d’il y a plus de 70 ans. Les changements sociaux qui s’opèrent dans la société traditionnelle Baka et le métissage qui se produit aujourd’hui font en sorte que le Baka originel tend à disparaître, ce qui affirme l’objet de ce sujet, la sédentarisation : un danger pour les Baka ? Puisque ce peuple perd peu à peu sa véritable valeur, on peut encore remédier ce flou parce qu’on trouve encore une petite communauté qui garde leur mode de vie.

Habitation Baka :

Le Bâlâ, en Baka (Bâdâ en langue Bangando) campement Baka se trouve en général en pleine forêt et près d’une cour d’eau. Il est composé de plusieurs familles dont chacune possède une hutte (mongulu), celles-ci sont disséminées à travers le campement et avec au premier plan la salle commune des hommes située en principe sur un endroit surélevé. La principale salle commune est située à l’entrée du campement, qui permet aux visiteurs d’y prendre place dès leur arrivée et à la  communauté de savoir s’il y a de nouveau venus au campement.

C’est là aussi que le chef de la communauté reçoit les visiteurs et que les hommes se retrouvent le soir après leurs randonnées dans la forêt, réunis autour du feu et fumant paisiblement le bon tabac « ndako » et c’est aussi dans cette sale que se fait ou se complète une partie de l’éducation des jeunes aux côtés des hommes.

Le Mongulu courante des Baka est construite en général par les femmes. Elles apprennent à leur fille à construire le mongulu, par l’observation directe et leur participation est suivant leur âge. La femme Baka acquiert par cet acte, une grande responsabilité, un certain prestige au sein de la communauté et les hommes ne peuvent pas prendre des décisions sans la consulter.

Pour construire le Mongulu la femme utilise des jeunes arbustes appropriés (répandu dans la forêt), longs d’environ deux mètres auxquels elle n’enlève pas toutes les feuilles. Une fois le terrain choisi et aménagé dans le respect de la nature, ces jeunes arbustes sont enfoncés en arc de cercle (forme d’arc-ciel) formant ainsi la base et l’armature du Mongulu pendant que les sommets vont se joindre pour former une voûte. Entre ces Orcades, d’autres jeunes arbustes sont assemblés en quadrillage, comme toiture, la femme place des feuilles de marantacées disposée comme des écailles de poisson et les fixe au tuilage par leur manche jusqu’au sol, afin d’assurer une bonne imperméabilité.

Ce Mongulu est constitué généralement d’une seule pièce qui sert de lieu d’habitation. La promiscuité y est forte notamment pour les familles nombreuses. Si elle augmente la chaleur et permet aux pygmées de supporter davantage le froid. Le feu qui y est toujours allumé, chasse les moustiques et éloigne les animaux féroces. Le Mongulu ne contient pratiquement pas les meubles. Les lits se limitent à des fougères étendues sur le sol. On s’assied à même le sol, au centre du Mongulu, il y a un foyer surmonté d’une claie pour sécher les noyaux de manques sauvages et de karité pour la consommation et pour la fabrication de l’huile.

Le Mongulu du Chef de la communauté, n’a rien de particulier. Aucun signe ne le distingue aux yeux du visiteur, elle se confond avec l’ensemble des habitations. Toute fois, elle est placée de façon à permettre au chef de veiller sur l’ensemble de la population du Bâlâ.

Aujourd’hui, l’habitation du Baka à complètement évoluée, la sédentarisation a changé leur mode de construction calqué sur celle des Bantu. Nonobstant, certains préfères rester dans le mode de la tradition. Après une étude menée auprès de trente ménages, il en ressort que sur les 30 interrogés ? Neuf personnes sont d’avis de calquer la construction de la tribu voisine, pare que ses maisons spacieuses déclarent ces derniers, mais 21 autres, préfères le mongulu parce qu’il ne chauffe pas le jour, garde la chaleur la nuit, la construction est moins couteuse et moins pénible.

Tableau 1 :

 

 

LES COMPOSITIONS TRADICTIONNELLES BAKA.

La famille est la plus petite cellule d’une famille, elle est de type étendue, par opposition au clan moderne, nucléaire qui réduit au père, à la mère et aux enfants. La famille Baka d’essence africaine englobe outre le père, la mère et les enfants, les grands-parents, les arrières grands parents et parfois des personnes n’ayant aucun lien consanguin avec les autres membres de la famille.

Les rapports entre les distincts membres de famille s’éveillent sur un ensemble de droit et dispositions, sur l’unité et la complémentarité des membres. D’une manière générale, tous les membres d’une même famille, d’un même clan ont des obligations mutuelles précises. Chacun a un rôle à jouer et le statut de chacun se d »finit à partir  de ce rôle (Massi Gams 1997).

Dans les clans, les jeunes respectent et obéissent aux personnes âgées ; les adultes doivent protéger les faibles. Chez les Baka les personnes âgées symbolisent la sagesse et l’expérience accumulées au long de leur existence. S’ils ont droit au respect et à l’assistance de l’ensemble des membres du groupe, ils ont obligation de jouer pleinement leur rôle de pater familiaris et de transmettre aux jeunes et aux enfants leur sagesse par leur comportement, par les contes et la vie de tous les jours. Les vieux qui ne remplissent pas cette fonction normalement sont exclus de la société, du groupe de façon implicite grâce à la puissance du contrôle social.

Chez les Baka, l’enfant est le symbole du bonheur et de l’unité entre les membres de famille et les tribus. Mais aussi un élément essentiel à la réalisation de l’individu, mais aussi de celle de la famille. L’homme et la femme par la fécondité, acquièrent leur statut de parent et de procréateur. L’enfant représente la continuité de la famille et constitue une garantie de sa perpétuation. Une grande descendance est un élément de charme social et contribue au renforcement  de la protection du groupe. L’enfant est le signe de bénédiction évidente d’une famille (Massi Gams 1997).

Le comportement de l’enfant dans la société traditionnelle Baka est important, l’enfant est d’abord l’enfant du peuple et il doit faire la fierté de celui-ci. Il doit obéissance et respect à ses parents, aux aînés. C’est lui qui est chargé des commissions qui exigent plus de rapidité, d’égalité et de force.

Responsabilité de l’homme dans la société Baka :

L’homme doit défendre son foyer, sa famille et pouvoir à sa survie. S’occupe de l’éducation des garçons après que ceux-ci aient été confiés à leur mère pendant les premières années de leur vie. Une fois devenus adolescent, ils participent avec leur père à la chasse, à la cueillette et sont initiés aux activités des hommes. Toutes ces activités les préparent à leur futur rôle dans la société traditionnelle Baka. Ainsi, c’est le père qui marie ses fils et décide du mariage de ses filles, avec le consentement de sa femme. En cas de conflit conjugaux entre ses fils et ses belles-filles, il intervient et apporte des conseils au couple.

Notons que l’homme a des rôles précis et réservés, garant de la tradition ancestrale. A ce titre, il exerce un pouvoir traditionnel de type libéral, il veille au maintien des valeurs culturelles de son peuple, organise les rites d’initiation. Ici, l’homme ne saurait prendre des décisions sans associé son épouse, voilà le pourquoi nous disons que c’est une société organisée, pour pérenniser la culture traditionnelle, l’enfant reçoit à partir de son père une éducation bipolaire, c'est-à-dire qui concerne à la fois la dimension visible et invisible de l’être humain, à travers les contes et les rites.

  Responsabilité de la femme dans la société Baka :

            La responsabilité de la femme dans la société traditionnelle Baka est lourde, le temps passé auprès de ceux-ci, nous a montré que la femme joue un rôle très important, puisque c’est elle qui s’occupe première de l’éducation générale des enfants, elle vaque aux occupations ménagères, la construction du Mongulu au lieu et place de l’homme, il ne peut ne prendre de décisions importantes sans consulte cette dernière, c’est elle qui ordonne la gestion de la famille

            C’est elle qui enseigne aux enfants les premières règles régissante le code familial dans la société Baka, le respect des parents, des vieillards et  ainés. Elle montre aux garçons leur place auprès des hommes et aux filles, leur place auprès des femmes à telle enseigne qu’il n’y a pas de confusion possible dans les travaux que les femmes peuvent faire dans leur foyer. Après son époux, elle joue le rôle de conseillère. Elle assure pleinement son rôle de gardienne des traditions.

Le mariage traditionnel chez les Baka :

            Chez le Baka, le mariage obéit à un rituel et à la loi de l’exogamie. Les membres d’une même tribu doivent donc choisir leur partenaire dans un autre clan, règle qui entraîne la condamnation sévère de l’inceste, la punition pouvant aller jusqu’à l’exclusion du clan en passant par un désaveu public. Toutefois, la coutume a prévue des mesures de réhabilitation dans la mesure du possible et de la disponibilité du fautif à s’y soumettre : confession publique, sacrifice, offrande, purification par le plus vieux du clan avec des fétiches.

            La plus part des Baka optent toujours pour la monogamie, car l’adultère une faute grave, c’est un acte sévèrement punis par la société Baka, il peut être fatal pour le marié, c’est un acte qui cause souvent de divorce sans  préjudice. Ainsi, l’homme comme la femme Baka ne supportent pas la polygamie.

            Pour se marier, l’homme doit subir avec succès certains rites initiatiques entre autre la circoncision (le Beka’a) et l’épreuve de maturité. 

            Quant à la jeune femme, elle doit être nubile ce qui traduit en général socialement par de plus rares apparitions dans le cercles masculins, par les seins bien développés et tendent à tomber, et l’apparition des premières règles qui non seulement donnent lieu à une cérémonie mais aussi, sont des signes de fécondités, le gage d’une nombreuse descendance (Figaro magasine 19982-1983). La jeune fille doit posséder les qualités d’une bonne épouse, c’est-à-dire, respecter sa belle famille, avoir du courage et de l’endurance au travail, obéir à son mari et surtout être capable de procréer et éduquer ses enfants.

            La demande en mariage est faite aux parents de la jeune femme par le père du jeune homme, soit par le jeune homme lui-même, il se présente simplement à ses futurs beaux parents. Parfois la demande se fait même avant la naissance de l’enfant, le père du garçon déclare devant la future-mère enceinte qu’au cas ou elle donne naissance à une fille, celle-ci sera la femme de son fils. Cette pratique qui a eu cours dans les communautés voisines des Baka a souvent donné lieu à des mariages solides, durables et prospères. Bien que cette pratique tend à disparaître avec la sédentarisation de ces peuples.

Au-dehors des cas sus-évoqués, une fois que la demande en mariage a reçu une suite favorable, le jeune Baka quitte sa famille et va résider dans sa belle famille pour de longues périodes. Pendant cette période, il va à la chasse, à la pêche, et autres activités que peuvent lui confié les beaux-parents, cette activité représente la dote. Pendant cette période, il vit maritalement avec sa fiancée dans un mongulu, tout en maintenant les liens avec sa famille d’origine qu’il rejoindra définitivement que quelques années plus tard accompagné de sa femme et d’au moins un enfant, comme fruit de fécondité de sa femme.

Et les travaux accomplis par le jeune Baka, s’ils représentent la dote, rassurent également les beaux-parents sur sa capacité et sur son aptitude à assurer la subsistance et la protection de leur fille et de la famille qu’ils auront à créer. Le fait pour la femme rejoindre son foyer avec au moins un enfant, la lave de tout soupçon de stérilité et la continuité de la famille. Malgré, cette union du couple, les deux vivent attachés au père par l’obligation de l’obéissance. Tout cela contribue à porter haut l’honneur des deux familles à jamais unis pour le mariage de leurs enfants.

Les croyances du Baka :

            Les 268 jours que nous avons passé avec nos frères Baka en forêt (campement) sur la route de Kika nous a fait comprendre que le Baka croit à l’existence d’un Dieu créateur appelé KOMBA, être suprême, créateur de l’univers dans lequel tous les hommes vivent, mais à côté de KOMBA, le Baka sait qu’il existe un dieu de la forêt « Edjengui » et aussi à l’existence d’un dieu providence, à la vie comme une force qui pénètre dans tout le monde à des degrés différents. Considérant que l’homme est plus intelligent que les animaux, le Baka croit en la survie après la mort, il croit à quelque chose qui demeure d’une façon permanente comme une ombre et devient un mé (esprit), la forêt est le sanctuaire des més, là où il leur est possible de s’incarner dans un animal et à un arbre. La croyance du Baka est totémique, d’où l’interdiction absolue de tirer sur une certaine catégorie d’animaux, ou d’abattre certain arbres réputés comme des totems, ou servant à se traité. En effet plus que l’unité de clan, le totémisme exprime l’unité de la société traditionnelle Baka et les relations mutuelles des choses dans cette unité. L’abandon de la croyance totémique entraînerait inéluctablement l’éclatement du clan et la perte totale de la culture Baka.

La vie du Baka est davantage soumise aux grand més qu’à KOMBA, les més sont invisibles, ils peuvent prendre des formes matérielles à l’occasion de la chasse et assurer la protection des chasseurs contre les animaux méchants qui chercheraient à les agresser. Ici, ces génies peuvent se déplacer d’un pont de la forêt à un autre aussi bien par air que sur terre. Donc, la croyance du Baka est soumise à un rituel qui se traduit d’abord par la prière à Komba, faite individuellement le main pour solliciter une journée heureuse, une chasse fructueuse, dans les circonstances graves telles que les périodes de pénurie, les décès répétés ou les épidémies, le mauvais comportement manifeste d’un membre du clan. L’officiant, généralement un ancien du clan jouissant du respect, se lève de bonne heure quand tout est calme et propice à la méditation, s’adresse à Komba au nom de tout le groupe.

Le Baka a aussi une foi profonde en l’omniprésence de « Edjengui », il se trouve en permanence avec eux, il l’associe à tous ses activités, ce qui se traduit en multiples occasions par le fait qu’on parle aux animaux, aux arbres, aux vents et face à des situations fortes ou néfastes, le Baka s’adresse fréquemment à Edjengui dans la vie de tous les jours, puisque le Edjengui est l’esprit de la forêt, le plus grands de tous les esprits, il vit en forêt et commande tout ce qui y vit, à cet effet, il constitue le centre des croyances Baka. C’est ce Dieu qui leur parle, qui leur donne à manger, les soutient, les protège. Il est constamment à leur écoute.

L’Edjengui est présenté par les Baka comme le fils de Komba. En effet, Edjengui est un esprit de la forêt, il est comparable à Jésus-Christ dans la religion chrétienne, c’est lui qui intercède pour eux auprès de Dieu Komba, pour le Baka Edjengui est le fils de Dieu qui a reçu la mission de commander sur tout ce qui habite la forêt, et comme le Baka habite la forêt, il est sous le commandement de l’esprit d’Edjengui. Cet esprit qui vit dans la forêt sert pour le rite de tous les hommes. La cérémonie du rite  qui dure pendant deux semaines, marque la protection et l’appartenance à la tribu.

Cet esprit protecteur constitue le symbole et le mythe des traditions et de la culture Baka. Le nom « Edjengui » fait peur et n’est souvent pas prononcé par les femmes et les non initiés. Le lieu d’adoration du Djengui est tout l’univers Baka et particulièrement la forêt. Le culte à cet esprit, ne peut se comprendre qu’à travers le rite Edjengui. Ce rite comporte traditionnellement cinq phases :

1.      La préparation ;

Ici, le chef de famille, dans la discrétion choisit l’initier, l’enfant qu’il sollicite, de préférence un garçon ayant au moins de 10 ans d’âge. Deux jours avant le début du rite,  les Baka de préférence les initiés construisent deux cabanes (mongulu, en pleine forêt. Un spécialement réservé pour l’Edjengui accessible à lui seul, et l’autre dit mongulu secondaire accessible à tous. Le mongulu initiatique qui est celui d’Edjengui est situé à 100 mètres du mongulu secondaire.

Dans le mongulu d’Edjengui, les adorateurs déposent ce qu’ils ont de meilleur : la viande des gibiers rares (éléphant, gorille, panthère), car le Djengui est un dieu essentiellement carnivore. Le sacrifice d’animal constitue donc une offrande. Et le lendemain, tous les postulants et les anciens initiés quittent le village et se rendent dans le lieu de l’initiation et commence la période du noviciat.

2.      Le noviciat ;

Cette période dure 4 à 5 jours maximum, pendant les premiers jours les initiés et les novices s’enferment dans un mongulu prévu pour la circonstance. Les anciens préparent dans la discrétion totale les nouveaux à l’initiation. On leur apprend d’abord les avantages de la vie sociale et comment ils doivent se soutenir dans un esprit de solidarité. La phase d’enseignement et des connaissances sécrète finie, les anciens initiés conduisent les néophytes à la case initiatique réservée à l’Edjengui.

3.      L’initiation ;

C’est la phase dramatique, effroyable et scientifiquement inexplicable tel que vécu. C’est la phase de mise à mort réelle. Ceci rejoint un peu le mythe de la mise mort d’Osiris, premier roi égyptien par son frère SETH et constitué par son épouse ISIS.

Après la mise à mort dans le mongulu d’Edjengui, les néophytes réapparaissent à 60 mètre du lieu où ils ont connu la mort. L’initiation était faite. Ils étaient désormais « blindés » aptes à disparaître devant des dangers. Alors suivait la 5ème étape. Celle de la connaissance du code initiatique ou d’interdits.

4.      La connaissance du code de discipline ;

Un certain nombre de lois jugées indispensables pour les initiés en vue d’assurer leur suivie et leurs relations avec la nature et le Djengui. Il est leur formellement interdit d’aller dans des zones dites sacrées réservées au Djengui, sous peine de le rencontrer tout seul. Et il peut avoir risque de maladie.

L’interdiction est aussi d’avoir des rapports sexuels en plein jour même avec son épouse. Et la fornication est proscrite. Le nom Edjengui ne devait plus être prononcé banalement par les non initiés de peur d’être frappés par la mort.

5.      Et la manifestation publique (célébration de l’initiation) ;

C’est la phase qui clôture la cérémonie. La joie exprimée par la danse de sortie à laquelle est associée tout le monde en est une preuve et un signe de triomphe sur la mort. Notons que la croyance des Baka, exprimée par le rite initiatique Djengui présente un certain nombre de valeurs ; malgré l’aspect de certaines étapes du processus initiatique, le Baka reconnait un Dieu Créateur de l’univers. Mais comme il reste inaccessible à l’homme Baka. Djengui de ce fait est devenu le protecteur et le soutien qui lui confère le pouvoir de transcender la mort par le rite de mise à mort et de résurrection.

Il convient de souligner que parler du rite Edjengui dans profondeur et dans ses contours, reste encore un sujet tabou pour les Baka et même pour les initiés.

LA MATERNITE – LA NAISSANCE – LA MORT :

1.      La maternité chez le Baka :

Avant d’entrer dans le vif du sujet, qu’il nous soit permis de noter que la stérilité est rare chez les Baka et elle en général considérée comme une malédiction. Nonobstant, la période de grossesse de la femme, le couple doit observer incontestablement nombre de lois, et d’interdits traditionnels. Il s’agit de certains aliments, certaines activités de nature à provoquer des malformations congénitales, ou causer des avortements ou des complications parfois fatales pour la mère et l’enfant. Ces interdits sont résumés dans le présent tableau :

Tableau1 : les interdits sociaux.

Observer l’ensemble des interdits traditionnels est chose difficile, surtout pour les plus insignifiants et il est prévu pour chaque interdit un moyen de réparation, bien que, dans certains cas, celle-ci ne soit pas opérante.

            Pour leur grossesse les femmes Baka reçoivent des potions pour prévenir les cas d’accouchement difficile. Cependant si au moment de l’accouchement la femme présente des complications, il lui faut dévoiler les amants qu’elle aurait connus en dehors de son mari pendant la période de l’évolution de la grossesse. Très souvent on procède à une portion d’herbe qu’on donne à la femme de boire en citant les multiples noms des amants qui eux des relations avec qu’elle pendant la grossesse et lorsque les noms sont dévoilés, les vieilles  présente mélange certaines remède que l’on applique sur le ventre de la femme en travail. Toute fois un code d’honneur oblige chaque femme présente à observer le strict minimum des interdits.

2.      La Naissance ;

Contrairement aux autres femmes Bantu, la femme Baka accouche généralement sous l’œil vigilant de sa mère pour les primipares et seule dans la plupart des cas, car il y a une longue préparation à l’aide des écorces pendant les neufs mois de grossesse. Mais, certains accouchements nécessitent la présence des accouches traditionnelles.

L’accouchement se passe entre les femmes, hors de la présence des hommes. Parfois, quand la femme est en début de travail, on demande à son mari d’aller s’occuper d’autres choses dans la forêt loi du campement. Le nouveau né est reçu, aussitôt sa libération sur des feuilles d’arbre. Le cordon ombilical est sectionné à l’aide d’une lame très rudimentaire obtenue à base du bambou ou raphia. Avec la serve de l’hévéa ou d’une liane spéciale, l’accoucheuse ayant assisté à l’accouchement fait le pansement. Et la cicatrisation a généralement lieu dans les trois jours qui suivent.

Le jour même de la naissance, le sorcier Nganga apporte à la mère un mélange d’une certaine poudre et de la terre  recueillis au seuil de la porte du mongulu de la jeune mère. Tous les visiteurs sont tenus d’appliquer une légère quantité de ce produit sur le nouveau né (Lélé) qui est encore fragile. En effet, dans la société traditionnelle Baka comme dans beaucoup d’autres sociétés des peuples de la forêt, c’est dans les premiers jours de son existence que se détermine la vie de l’enfant, et plus précisément avant la cicatrisation du cordon ombilical. Il reste une porte ouverte utilisée par les mauvais sorciers pour transmettre le mauvais sort à l’enfant.

Devant l’entrée du mongulu du nouveau né, on place un arbuste spécial, symbole d’une nouvelle naissance invitant ainsi les nouveaux venus à prendre les dispositions pour rendre visite à Lélé et à sa mère. Puis l’enfant reçoit le nom d’un membre de sa famille vivant ou mort.

Personnes concernées

Interdits

Dangers possibles

Femmes enceintes

Uriner dans un cours d’eau

Avortement

Femmes enceintes

Rapports sexuels avec un autre homme que son mari

Complications au moment de l’accouchement

Jeunes mères

Rapports sexuels pendant l’allaitement

Maladie de l’enfant pouvant conduire à la mort du nouveau né.

Homme dont la femme est enceinte

Tuer un animal

Mort du fœtus ou avortement de la femme

Homme dont la femme est enceinte

Ligoter un animal

Naissance d’un enfant mail formé

Femme enceinte

Fendre la tête d’un animal

L’enfant aura le bec de lièvre à la naissance

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