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Développer l’Afrique, mais comment suite et fin?

7 Avril 2012 , Rédigé par MICHEL NDOEDJE

La Chine un bon exemplecité pour les Africains ?

 

L’échelle et la portée des défis auxquels l’Afrique a à faire face s’accroîtront exponentiellement au cours cette années et dans les années avenirs. Ces défis seront climatiques, médicaux, industriels et alimentaires, résulteront des déséquilibres démographiques, des migrations massives, d’une raréfaction des ressources naturelles, et d’autres choses encore.

 

Les problèmes que le XXe  siècle eut à affronter, comme un taux de chômage à plus de 15%, les sécheresses, les mouvements rebelles, les trafiquants de drogue, le SIDA et les dictatures apparaîtront comme un jeu d’enfant en comparaison des épreuves que nous aurons à  subir. Le monde entier, et les Africains en particulier, sont fortement redevables aux dirigeants de la Chine et de l’Inde. Toutes choses égales par ailleurs, si ces deux pays disposaient du même taux par habitant de catastrophes d’origine humaine que l’Afrique, les ressources humanitaires auxquelles les pays africains ont accès seraient pratiquement divisées par quatre.

 

Pour chaque groupe de médecins, de médicaments essentiels et de rations alimentaires pour enfants qui sont à l’heure actuelle accessibles aux Africains en temps de crise, les trois quarts auraient été envoyés en Chine et en Inde. En période de crise, les grands pays pauvres sont plus efficaces que les petits pays pauvres. Ils disposent en effet des moyens nécessaires pour faire face aux situations d’urgence et préserver l’ordre public. La taille d’un pays est également un facteur dissuasif considérable face aux voisins opportunistes qui désireraient tirer profit d’une période difficile pour attaquer un pays petit ou vulnérable (quel voisin oserait attaquer la Chine même si celle-ci traversait une période de faiblesse ?). je crois que personne

 

Parmi les defis le changement climatique :

 

De tous les continents, l’Afrique est celui qui contribue le moins au réchauffement climatique. Il est alors particulièrement injuste que l’Afrique soit le continent le plus durement touché par les changements climatiques.  La cause en est que certaines zones font déjà l’objet d’une forte pluviométrie, à l’exemple de la Ceinture Pluvieuse Equatoriale. Les précipitations dans ces zones vont de plus en plus s’accroître alors que les zones qui ont une faible pluviométrie, comme la région du Sahel, les verront davantage se réduire.

 

Cette situation doit être considérée avec attention étant donné que le changement climatique peut déjà être vu comme responsable d’une hausse des problèmes de santé comme le paludisme, la méningite et la dengue.  D’une manière plus précise, le défi que l’Afrique a à relever face au changement climatique tient à la manière dont les nombreux facteurs qui pèsent sur elle, à l’instar de la propagation du VIH/SIDA, des conflits ou de la  privatisation des ressources ont tendance à confluer vers les conséquences du réchauffement climatique mondial. Ainsi, par exemple :

 

·         En 2001-2002, la famine qui résulta de la sécheresse et qui frappa des millions de personnes en Afrique Australe fut aggravée par la faiblesse de la capacité de résistance d’une grande partie de la population, fortement touchée par le VIH/SIDA.

 

·         Le Rwanda des années1988-1990 est une autre illustration, avec une succession de calamités qui donnèrent naissance à l’une des crises humanitaires les plus tragiques de notre ère. Les inévitables pressions politiques et économiques s’affichèrent sous leurs aspects les plus abjects lorsque les ressources de la région s’épuisèrent tandis que le nombre d’habitants se multipliait exponentiellement.

 

Selon Antony Nyong, Professeur en études environnementales à l’Université de Jos, au Nigeria, « le changement climatique est susceptible d’annuler même les petits progrès que la plupart des pays africains ont atteint jusqu’à maintenant en matière de développement» Les programmes pour l’Afrique de l’ONU, comme « Greater Horn of Africa Initiative » (Initiative Grande Corne de l’Afrique), sont orientés vers des efforts environnementaux destinés à sauver des dizaines de milliers de vies,  à prévenir les conflits armés, et à éviter les interventions internationales fort coûteuses. Leur but est de s’attaquer aux causes fondamentales des problèmes environnementaux qui font que la sécheresse entraîne la famine, et la famine entraîne les guerres civiles.  La crise du SIDA résulte en des pressions économiques davantage accrues sur les nations africaines, et épuise les ressources économiques dont elles ont tellement besoin pour mettre en place une gouvernance stable et un avenir économique radieux. Et pire encore, à  elle seule, la crise du SIDA décime toute une génération de jeunes africains.

 

Crise de la jeunesse africaine. Au moment où ces lignes sont rédigées. La presse internationale et l’attention mondiale  ont été en avril 2011  régulièrement captivées par  la  piraterie  contre les navires de commerce qui a  lieu au large des côtes somaliennes.  Ces actes de pirateries sont le fait de jeunes somaliens opportunistes et armés, dans le but exprès de prendre en otage les équipages des navires occidentaux – un business très lucratif, de l’ordre du million de dollars par otage.

 

Alors que ces crimes de haute mer fortement médiatisés ont lieu depuis quelques années, des faits bien plus lourds de conséquence entre Africains et d’autres jeunes défavorisés méritent également qu’on s’y penche. Des milliers d’enfants et de jeunes adultes ont été frappés par la guerre civile ces dernières décennies au Libéria, en Angola, au Tchad, au Burundi, au Sierra Leone,  au Soudan, en Ouganda, en République Démocratique du Congo et en Somalie, en Côte-ivoire et sont devenus victimes de ce qu’on qualifie « enfance volée ». Sans aucun espoir de bénéficier du progrès social et de développer leurs compétences, un nombre trop important de jeunes marginalisés vivent de cette manière :

 

·         Au Kenya, le mouvement si mystérieux des jeunes Mungiki a mis sous les feux des projecteurs internationaux la fragilité des nouvelles démocraties africaines. On estime que les Mungiki sont composés de près de 2 millions de personnes, essentiellement des jeunes de moins de 30 ans. Près de 400.000 d’entre eux sont des femmes. Leurs poussées violentes et anarchistes ne répondent à aucun objectif de changement.

 

·         L’ancien chef de guerre et président du Libéria, Charles Taylor, a recruté un groupe d’enfants soldats libériens et sierra-léonais  dans son Front National Patriotique, et en fit les tristement célèbres Small Boys Unit.

 

·         De même, un groupe d’extrémistes chrétiens issu de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) en Ouganda se joignit aux militants islamistes du Soudan qui ont financé sa guérilla contre le gouvernement de Yoweri Museveni. Les chefs de guerre sont un problème universel. Ils ont terrorisé et tué des victimes civiles aussi bien dans l’ancienne Union Soviétique qu’en Colombie, en Asie Centrale ou en Extrême Orient. Les chefs de guerre africains semblent toutefois relever d’un phénomène d’une portée systémique. Revenus de leurs  illusions à cause des forces de la mondialisation économique,

 

·         De nombreux jeunes Africains sont attirés par une fusion des idées radicales, de Che Guevara et Malcolm X à Karl Marx.

 

·         D’autres s’inspirent des mouvements politico-religieux, à l’instar de Dini ya Kibangu au Congo ou Dini ya Msambwa et les Legio Maria au Kenya.

 

·         Plus récemment, les jeunes africains ont intégré les tactiques et les représentations de la violence mondialisée, en adoptant des sobriquets tels que Baghdad Boys ou Talibans. Les Mungiki du Kenya sont allés jusqu’à enlever et décapiter leurs ennemis sur le modèle de leurs héros irakiens. Des théoriciens sociaux avancent l’hypothèse selon laquelle le colonialisme a non seulement entraîné une dissociation dans la politique africaine qui a empêché l’apparition d’Etats africains indigènes et pleinement accomplis, mais a également cristallisé et exalté des éléments des structures précoloniales « traditionnelles »  de despotisme décentralisé.

 

 

Avec le temps, ces mouvements ont donné naissance à des jeunes soldats qui s’inspirent des styles de gouvernance de dirigeants nationaux comme Mobutu Sese Seko du Congo, Mengistu Haile Mariam d’Ethiopie et Samuel Doe du Liberia  –  tous s’étant brillamment illustrés dans la conduite de leurs pays vers le chaos et l’anarchie.

 

 L’étendue et la complexité de la crise de la jeunesse africaine Dans la foulée du 11 septembre 2001, le « terrorisme » devint  rapidement le cadre d’analyse des réactions politiques face au militantisme de la jeunesse africaine. Les jeunes musulmans du continent sont de plus en plus sous la menace d’un recrutement de la part d’organisations terroristes comme Al-Qaeda. Les gouvernements africains, ainsi que les étrangers concernés par la situation, mirent au point un certain nombre de scénarios afin de traiter ces activités.

 

Toutefois, dans la droite ligne de ma vision pour soigner le continent noirj’intègre le camp de ceux qui appellent les pays en développement à investir dans leurs jeunesses, qui autrement ne verraient pas d’autres alternatives pour leur bien-être et leur accomplissement.

 

Des investissements destinés à améliorer l’éducation, les systèmes de santé et la formation professionnelle de la jeunesse africaine permettront d’endiguer la pauvreté et ses ravages sur tous les autres aspects de la vie africaine. Ce n’est que par une forte croissance économique, un amoindrissement de la pauvreté, la création d’emplois et la diminution des risques de tensions sociales et d’instabilité que le phénomène des chefs de guerre cessera d’être une alternative intéressante, voire l’unique alternative pour beaucoup.

 

L’immense majorité de la population mondiale âgée de 12 à 24 ans, soit 1,5 milliards d’individus,  vit  en Afrique. Il s’agit du plus grand groupe de jeunes de l’histoire, dont près de 90 % (1,3 milliards) vivent dans les pays en voie de développement ou du « Tiers Monde ». Assurer l’avenir,utilisons une analogie du secteur des assurances pour comprendre ce problème de masse critique en ce qui concerne les Super Fédérations. Imaginons qu’une compagnie d’assurance détienne  un portefeuille de clients résidant en Afghanistan en temps de guerre. Elle ne pourra jamais collecter des primes suffisantes pour couvrir les risques inhérents à leurs activités et ne pourra jamais indemniser les dommages qui surviennent régulièrement. Si la même compagnie détenait un portefeuille réparti dans tous les pays asiatiques, les profits qu’elle tire des zones pacifiques vont plus que compenser les dépenses dans les zones de conflits. 

 

Les Super Fédérations que je propose seront mieux à même d’affronter  les crises, naturelles ou résultantes de l’action de l’homme, que n’importe lequel des Etats actuels du continent pris isolément. Ceci ferait disparaître un fait honteux que les Africains subissent depuis des générations : en temps de crise, vous ne voyez quasiment pas d’Africains parmi les sauveteurs, vous voyez des occidentaux.  La plupart des pays africains dépendent de l’aide étrangère pour survivre. Ces aides sont dommageables pour la conscience collective d’un pays.

 

Pourquoi les  mouvements  panafricains ont échoué :

 

NB : Rien n'arrête une idée dont le temps est venu.

Victor Hugo, poète et écrivain français, 1802-1885

 

Les mouvements panafricains remarquables ont entrepris de promouvoir des changements radicaux dans la structure coloniale de l’économie africaine. Les deux mouvements se sont fait les avocats de stratégies de production et de développement orientées vers l’intérieur, ainsi que de la création d’un marché financier unifié. Cela aurait eu effectivement pour conséquence de redessiner la carte politique de l’Afrique.

 

Le panafricanisme soutient que les richesses de l’Afrique peuvent être utilisées au bénéfice des peuples africains, pour améliorer leurs conditions de vie, appuyer leur développement et satisfaire leurs besoins.  Son objectif est de mettre en place un système qui distribuerait équitablement la nourriture, l’éducation, les soins médicaux, la prospérité, les terres, le travail et la sécurité. Faute de proposer une vision  globale irrésistible pour une telle entreprise, et faute de mettre en avant les gains concrets qu’elle apporte à toutes les parties prenantes, le  statu quo l’emportera toujours. 

 

Rien ne bougera.Ces objectifs honorables sont inapplicables faute d’avoir développé une approche globale qui permette  d’obtenir un large soutien, et d’avoir expliqué aux peuples en quoi le rassemblement ne peut que leur bénéficier.  Cela explique en quoi  deux panafricanistes  très différents, qui avaient la vision d’une Afrique en tant que pays unique, n’ont jamais véritablement connu le succès.

 

Marcus Garvey, Fondateur de la puissante UNIA (Universal Negro Improvement Association), Marcus Garvey vint à Harlem, New York, en 1916 en provenance de la Jamaïque. L’une de ses idées maîtres était la promotion du commerce et de l’industrie entre Afro-américains, qu’il exhorta à être fiers de leur race, y compris en soutenant ouvertement un mouvement de retour vers l’Afrique. Garvey voyagea dans toute l’Amérique et obtint un succès considérable, attirant des milliers de sympathisants. 

 

C’est pour faciliter ce retour vers l’Afrique qu’il créa la ligne maritime Black Star Line en 1919, afin de proposer un moyen de transport vers l’Afrique. C’est à travers cette ligne maritime que Garvey projeta d’unir les populations noires du monde, à travers des échanges commerciaux entre les Etats-Unis, l’Afrique et les Caraïbes. Le projet échoua notamment à cause  des stratégies commerciales inadaptées et trop idéalistes de Garvey et d’associés mal choisis.

 

Garvey fut arrêté en 1922 pour escroqueries en relation avec la vente d’actions de Black Star Line, qui à cette époque était déjà en banqueroute. Même si des irrégularités ont pu être constatées dans l’entreprise, l’accusation était surtout à des fins politiques, les agissements de Garvey ayant attiré sur lui l’attention du gouvernement.

 

Le cas deMouammar Kadhafi : Kadhafi a toujours été un personnage controversé et les récents événements en Lybie ont  renforcés  cette perception. De nombreux observateurs en Afrique et ailleurs doutent de la sincérité de son Panafricanisme. Néanmoins, en avril 2009, le dirigeant libyen et ancien président de l’Union Africaine, a exposé sa vision des Etats-Unis d’Afrique. Il a appelé le continent à accélérer le processus d’intégration. Au cours d’un sommet à Tripoli auquel participèrent plus de 60 ministres et délégués de l’Union Africaine, Mouammar Kadhafi présenta son programme :

 

·         Une Autorité de l’Union Africaine qui remplacerait tous les organismes de gouvernement régionaux.

 

·         Le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), le programme économique de l’UA, superviserait tous les échanges commerciaux extérieurs.

 

·         Le Conseil  Exécutif actuel de l’UA désignerait un secrétaire général responsable de la diplomatie du continent.

 

·         Le responsable du Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA dirigerait les questions de défense du continent.

 

·         Une monnaie africaine unique, une armée africaine unique et un passeport unique pour tous les Africains sur le continent. 

 

Cette vision de Kadhafi est le sujet de vifs débats entre les dirigeants de l’UA. La plupart ont ainsi exprimé leurs vives inquiétudes sur des questions comme la souveraineté de l’Etat. D’autres considèrent que les divisions qui se portent sur le plan de Kadhafi sont trop insurmontables pour qu’il soit réalisable. A l’heure où ces lignes sont écrites, le dirigeant Libyen a été assassiné par les membres de la coalition de l’OTAN et le CNT de la Libye pour les mêmes raisons que nous vivons depuis des siècles.

 

La vision Panafricaniste est certes noble, mais ses avocats sont tombés dans le péché capital du marketing : ils n’ont jamais décrit les bénéfices escomptés.  La conséquence fut que Garvey et Kadhafi ont tous deux provoqué des réactions émotionnelles. Il manquait à leurs visions une approche et un intérêt plus « globalement socio-économiques ». Comme on le dit souvent dans le milieu du marketing, ce qui manque est le facteur  WIIFM (What’s In It for Me – Qu’est-ce que ça me rapporte?). Dans le cas de l’Afrique, le « me » représenterait les populations africaines et leurs dirigeants, mais également les nombreuses parties prenantes dans le monde entier qui ne peuvent concevoir en quoi ces plans auraient des impacts positifs sur leurs économies, ou encore ceux qui ont besoin d’être rassurés sur le fait qu’une Afrique unie ne serait ni un risque sécuritaire, ni un autre risque. Les populations africaines n’ont tout simplement pas suffisamment décelé les bénéfices que cela leur rapporterait pour pousser leurs dirigeants réticents dans cette direction.

 

Quoi qu’il en soit, les nombreux problèmes de l’Afrique sont la conséquence de son incapacité même à s’unir territorialement. Il est difficile de clore ce chapitre sur le panafricanisme sans rendre hommage à Kwame Nkrumah. Le père de l’indépendance du Ghana était un combattant sincère pour l’unité africaine et clairement en avance sur son temps.

 

Le changement est difficile, en particulier lorsqu’il s’agit d’un changement aussi spectaculaire que l’instauration des  trois Etats-Unis d’Afrique. Les experts sont cependant d’accord pour estimer que la cause fondamentale des crises perpétuelles de l’Afrique est la structure même de son économie. Seule une approche audacieuse et innovante permettrait de résoudre la pléthore de problèmes qui empoisonnent l’Afrique, parce que :

 

·         L’Afrique est organisée pour continuer à produire des biens dont elle n’a pas usage, des biens que ses habitants consomment très peu,

 

·         L’Afrique doit dépendre des autres peuples pour produire les biens dont elle a besoin, ce qui la maintient dans un état de débiteur permanent, et tout simplement, on a affaire à une structure perverse favorisant la dépendance plutôt que l’autosuffisance. 

 

Les structures sociales :

 

Il est grand temps pour les Africains de porter un regard critique sur nos valeurs. Certaines sont bénéfiques pour la société et doivent être préservées. Il y a aussi des valeurs néfastes qui doivent être dénoncées avec courage et fermeté. Tout ce qui vient de  la tradition n’est pas forcément positif ou sacré. Ce débat est complexe mais chaque pays devra l’affronter pour espérer avancer dans l’unité et la concorde.

 

Les structures sociales participent activement et profondément à la pérennité des crises de l’Afrique. D’abord, l’Afrique dispose de systèmes de différenciation sociale distincts et profondément enracinés.  Ces systèmes sont liés aux affinités linguistiques, au sexe, aux origines ancestrales ou aux liens de sang tels que ceux résultant des groupes ethniques, des nationalités ou des clans. De nombreuses conséquences en découlent.

 

Le pouvoir et les privilèges sont le plus souvent déterminés par l’appartenance ethnique, même si des avancées dans l’élimination des différences éducationnelles basées sur la race ou l’ethnie ont été effectuées dans l’éducation primaire, par exemple au Zimbabwe ou en Tanzanie.

 

De nombreux chercheurs se sont penchés sur les mécanismes de l’ethnie et du pouvoir dans le système éducatif ghanéen. Les résultats montrent une différence significative dans les opportunités d’éducation et les ressources offertes aux élèves suivant qu’ils viennent des provinces d’où l’élite dirigeante est issue ou d’autres provinces.  Les individus et les groupes sont sanctionnés ou récompensés, et cela  a des répercussions considérables sur l’unité nationale et le développement du pays. 

 

Autre illustration : au Ghana, le genre sexuel joue un rôle important dans le niveau d’instruction. Des chercheurs ont découvert que la dimension relative au genre de l’instruction ne peut pas être sous-estimée, toute comme l’économie. Les deux jouent un rôle dans les aspirations éducatives des élèves. Au Cameroun par exemple : les facteurs économiques décident de qui va devenir ou non un élève, mais  après c’est la pauvreté qui détermine l’accès d’un individu aux livres scolaires, aux moyens de transport ou à l’alimentation de base.

 

L’environnement politique :

 

Les problèmes de l’Afrique résultent également de manière importante de l’environnement politique. Les questions de droits fondamentaux, de libertés individuelles et de participations démocratiques sont souvent inexistantes dans les pays africains. Il n’est alors pas étonnant que le peuple ne veuille pas travailler dur ou produire de manière optimale.  Et lorsqu’un peuple  n’est pas entièrement mobilisé, le rythme de son développement est ralenti.

 

L’Afrique politique est un jeu d’égos tragique. La priorité numéro un des dirigeants, du Nord au Sud et d’Est à l’Ouest, est de se maintenir au pouvoir. La plupart des dirigeants d’Afrique admettraient en privé qu’ils ne croient pas en la possibilité d’un vrai changement, ni même en sa nécessité. Pourquoi est-ce qu’ils s’accrochent alors au pouvoir ? Parce qu’ils sont persuadés, d’abord et avant tout suite aux conseils de leurs amis et de leur cour que leur retrait du pouvoir plongerait leur pays dans des calamités sans fin. Il y a quelques exceptions, mais

Malheureusement, c’est la règle. Et pendant ce temps, la pauvreté, la malnutrition et l’illettrisme, l’insuffisanced’approvisionnement en eau potable et le manque d’hygiène continuent à affecter un nombre trop important d’habitants du continent africain.

 

Nelson Mandela, ancien président sud-africain « L’Afrique a besoin d’une nouvelle génération de dirigeants »

 

 Elle a besoin de visionnaires, qui viennent d’en-dehors des sphères d’influence traditionnelles. L’Afrique requiert des dirigeants capables de collaborer pour lutter contre les problèmes généralisés qui la ravagent.

 

Des dirigeants enthousiastes à l’idée d’unir les Africains par la coopération économique et culturelle et les échanges éducatifs: voilà ce dont l’Afrique a besoin, et non de ceux qui persistent à diviser les Africains à travers des guerres égoïstes. Ce n’est qu’avec l’ascension d’une nouvelle race de dirigeants que les peuples d’Afrique pourront se débarrasser de la pauvreté, des épidémies, des guerres, de la famine, des crises économiques, de  la paralysie politique et de l’insécurité totale. Ces cancers ne disparaîtront qu’avec des changements drastiques.

 

Abandonnons le statu quo, le continent africain est fertile en ressources naturelles, dont l’or, le diamant, le coltan, le bois, le fer et d’autres ressources naturelles.  Elle est également riche en ressources humaines : industriels, ingénieurs de toutes les spécialités,  artistes, médecins, architectes, planificateurs, techniciens, scientifiques, banquiers et investisseurs, tous disposant des qualifications, de l’expertise et de l’immense expérience qui permettrait de transformer l’Afrique.

 

Comment se fait-il alors que ces nombreux atouts, aussi bien naturels qu’humains, ne soient pas mieux exploités au profit de l’Afrique et des pays de ce continent? La réponse tient  aux gouvernances le plus souvent vaines et corrompues qu’on trouve en Afrique. La plupart des dirigeants africains sont totalement décalés par rapport à la réalité quotidienne des Africains. Pire encore, ils sont à court d’idées pour traiter les problèmes économiques et sociaux qui noient leurs pays. Ce style de gouvernance controversé a favorisé et entretenu la pauvreté dans pratiquement toutes les sociétés africaines.

 

Diriger, suivre ou arrêter de barrer le chemin  L’histoire nous apprend que ce sont les dirigeants d’une société qui déterminent son succès. En période de crise économique, de pauvreté ou de guerre, les dirigeants d’une nation ont la responsabilité de prendre des difficiles décisions économiques et militaires afin de préserver la sécurité et la prospérité de la société. Cela ne veut pas dire que l’incompétence et la corruption ne touchent pas les dirigeants des autres nations, mais sur un continent qui comprend des douzaines de nations où la pauvreté et la maladie sont tellement présentes au point de devenir la norme chez la plupart, l’Afrique ne peut plus se permettre de persévérer dans sa trajectoire actuelle. Il est temps de refaçonner le continent. La majorité de ceux qui accédèrent au pouvoir depuis les indépendances de 1960 ont malheureusement perpétué les cycles suivants:

 

·         Intérêt porté davantage dans l’obtention de votes favorables que d’assumer les responsabilités qui viennent avec ces votes.

 

·         Absence de responsabilité face à ses actes et faible tolérance aux opinions opposées.

 

·         La corruption est récompensée, et aucun effort sincère n’est entrepris pour l’éradiquer.

 

·         Les choix reposent sur les alliances tribales et non sur les résultats économiques sociauxpositifs.

 

Le résultat  est que  l’Afrique demeure le continent le plus sous-développé au monde. A travers les immenses étendues du continent, l’Afrique a urgemment besoin de routes, d’écoles et d’hôpitaux en bon états. Des services fiables de distribution d’eau et d’électricité devraient exister. Les autres besoins infrastructurels comme les technologies de l’information et de la communication devraient tout simplement faire partie de l’avenir de l’Afrique.

 

Ce sont les parpaings de base de la création d’emploi, et qui vont donner à l’Afrique les moyens d’affronter la concurrence mondiale et de réduire ses dépendances.  Et si on s’y prend dès maintenant, ne serait-ce pas le moment idéal pour le continent de « devenir vert » en puisant dans les énergies solaires, géothermiques et autres sources d’énergies renouvelables que l’on peut trouver dans le Sahara et dans la Vallée du Grand Rift?

 

Lors d’une allocution sur ce sujet en février 2009, le secrétaire général de l’ONU, Ban         KiMoon, a dit : « On peut retirer d’immenses gains des économies d’échelle que lescoopérations transfrontalières  permettent. » M. Ban a également mis l’accent sur le fait que de tels efforts « devraient être complétés par des partenariats publics-privés, la constitution de capabilités scientifiques et technologiques locales et des investissements massifs dans l’éducation. » Et pourtant, ces nobles entreprises pourraient ne jamais voir le jour en raison des entraves posées par le statu quo en Afrique, dont :

 

·         Des gouvernements corrompus tristement réputés pour des graves violations des droits de l’homme ;

 

·         Les conséquences des maladies et virus mortels, notamment le paludisme et le VIH/SIDA ;

 

·         Un taux d’illettrisme extrêmement élevé,

 

·         Un faible accès aux capitaux étrangers, et des conflits militaires et tribaux fréquents, depuis les guérillas jusqu’au génocide.

 

Utiliser le pétrole pour le développement. Il est intéressant de noter que de 1995 à 2005, le taux de croissance économique de l’Afrique s’est accru, avec une moyenne de 5% en 2005. Certains pays, notamment l’Angola, le Soudan ou la Guinée Equatoriale ont même atteint des taux de croissance plus élevés. La raison : ils ont récemment commencé à exploiter leurs réserves pétrolières ou augmenté leurs capacités à produire du pétrole.

 

Le Département d’état américain a déclaré l’Afrique comme un « intérêt national stratégique ». L’Afrique de l’Ouest en particulier revêt un intérêt et une importance singuliers. Le National Intelligence Council, un groupe de réflexion du gouvernement américain, a appuyé cette déclaration en prédisant que le Golfe de Guinée fournira 20 à 25% des importations totales américaines de pétrole d’ici 2020.Les Américains ne sont toutefois pas les seuls à de plus en plus dépendre de l’Afrique de l’Ouest pour ce genre de besoin. L’Angola est actuellement le premier fournisseur de pétrole de la Chine et  le Gabon est un fournisseur important pour la France. Mieux, des pétroliers russes, japonais et indiens commencent à apparaître dans différents endroits comme la Guinée Equatoriale, le Cameroun, le Tchad ou la République Démocratique du Congo. On estime que les revenus du pétrole se monteront à plus de 1000 milliards de $ d’ici 2025 pour le Golfe de Guinée si le prix du baril se maintient au-dessus de 50$.

 

Cela représente le double des aides qui ont été accordées à l’Afrique depuis que ses nations ont obtenu leurs indépendances dans les années 60. Selon les Etudes Statistiques sur l’Energie de British Petroleum, l’Afrique disposait de réserves confirmées équivalentes à 9,49% des réserves mondiales en 2007. Quatre pays dominent la production africaine de pétrole et comptent à eux seuls pour près de 80% de la production pétrolière totale du continent : le

Nigeria, la Libye, l’Algérie et l’Angola. L’Angola a même dépassé le Nigeria en

2008 et a rejoint l’OPEP.

 

Les autres pays producteurs de pétrole sont le Gabon, le Congo, le Cameroun, le Soudan, le Tchad, la Guinée Equatoriale et la Côte d’Ivoire. On est également en pleine phase d’exploration dans un certain nombre d’autres pays, soit pour accroître leurs productions pétrolières, soit pour produire du pétrole pour la première fois. Dans cette liste, on retrouve la Mauritanie, le Ghana,  l’Ouganda,  la  Namibie, l’Afrique du Sud et Madagascar tandis que le

Mozambique et la Tanzanie peuvent potentiellement devenir des producteurs de gaz naturel.

 

Au-delà de toutes les autres épreuves, les frontières sont des sources de problèmes. Ils créent de l’inefficience et donnent des opportunités et des havres de paix pour toutes sortes de malfaisants. Les frontières doivent être éliminées autant que possible, au lieu d’être des gouffres qui dévorent les ressources publiques. Les groupes criminels y voient des occasions d’amasser de la richesse qui leur permet d’être l’égal des Etats qui cherchent à les neutraliser. Si les organisations criminelles du Mexique et d’Amérique Latine se réunissaient, leur « PIB » leur vaudrait une place garantie dans les sommets du G20 où les vingt plus grandes économies du monde se rencontrent. Laissez-moi profiter de cette occasion pour rappeler au lecteur qu’il n’y a qu’un pays africain sur 54 qui participe aux sommets du G20 : l’Afrique du Sud.

 

D’un point de vue paix et sécurité, 80% des problèmes auxquels les Etats-Unis ont  à faire face actuellement proviennent de deux régions frontalières : Afghanistan / Pakistan et Mexique / Etats-Unis. En Afrique, l’immense majorité des conflits résulte ou est ravivé par des questions frontalières, par exemple Soudan / Tchad, Ethiopie / Erythrée et Ouganda / Congo / Rwanda.

 

L’illusion de la permanence rapportée au temps historique, la plupart des frontières politiques n’existent que depuis quelques minutes. De plus, ces frontières sont généralement considérées comme des entraves par les populations locales, qui le plus souvent les ignorent autant que possible dans leurs activités quotidiennes. Par contre pour les mouvements rebelles, les frontières sont un vrai don du ciel. Ils peuvent s’y tracer un territoire pour eux-mêmes et vivre des ressources de la zone pendant les cinquante prochaines années. Le droit international et la sensibilité des questions de souveraineté empêchent que des actions coordonnées et efficaces soient entreprises contre eux et par conséquent sont leurs meilleures protections. Etant donné que ce sont toujours les fauteurs de trouble qui bénéficient le plus des frontières, ils auront toujours une longueur d’avance sur tout le monde. L’absence de frontière est incorporée dans leur être et dans leurs méthodes d’opération.

 

La suppression des frontières est l’objectif numéro  un  du mouvement pour l’émergence des Super Fédérations africaines afin qu’elles puissent affronter la concurrence mondiale et assurer  les garanties de base que les citoyens sont en droit d’attendre de leur Etat. Les frontières tracées par les anciens administrateurs de l’Afrique depuis l’Europe n’ont jamais satisfait les intérêts du continent… Une fois que vous réalisez qu’une erreur a été commise, combien d’épreuves vous faut-il encore subir avant  que vous ne décidiez de réduire vos pertes?

 

Les nouveaux construits sociaux : c’est ainsi que le monde fonctionne. Quand était la dernière fois où vous avez entendu parler d’une bataille entre deux villes ou même entre deux villages ? Et pourtant, avant l’apparition des Etats-nations du monde moderne, c’était la règle sur tous les continents.  Les villages et les fiefs furent absorbés par des entités plus importantes et les

villages et clans autrefois en conflit devinrent relativement plus proches. Un ancien ennemi devint un voisin proche, un parent et un allié. L’humanité est passée par différentes étapes dans son organisation sociale : Famille-Groupe de familles-Village-Tribu-Région-Pays-Unions de pays

 

 Il s’agit d’une évolution socioculturelle, un terme qui suppose que l’on peut utiliser l’évolution pour expliquer l’endurance sociale d’une nation ou d’un pays. Les évolutionnistes socioculturels s’accordent pour penser que les processus de type évolution mènent au progrès social. Sortir par le haut l’apparition des Super  Fédérations  est une tendance profonde et à long terme pour l’Afrique, et dont l’heure est venue. Le concept des Super Fédérations est effectivement une vision de planification sociétale à large échelle. Et il propose un mécanisme d’ingénierie sociale que l’Afrique et ses partenaires sans cesse sollicités ne peuvent plus ignorer.

 

C’est la stratégie qui fait gagner les guerres et non les tactiques.

 

Il n’est pas possible que l’Afrique puisse devenir plus prospère, plus productive simplement en répétant davantage la même chose. Des efforts drastiques – des stratégies radicalement nouvelles – sont requis à travers tout le continent, et en voici les raisons….  Les professionnels du  marketing du monde entier ont fait leur des principes révolutionnaires contenus dans « Les 22 lois du marketing » d’Al Ries et Jack Trout, écrit en 1994 et qui est devenu une sorte de « bible » des affaires. Si vous pouvez apprécier les caractéristiques et  la symbolique qui font que des endroits comme New York, Paris ou Jérusalem sont aimés et dignes de protection à tout prix, permettez-moi d’extrapoler deux de ces « lois immuables du marketing »  à un ensemble de problèmes fondamentaux qui frappent l’Afrique, et en quoi le concept des Super Fédérations peut les résoudre. Ce qu’il faut savoir, c’est que, même d’un point de vue marketing, l’Afrique n’est pas viable dans sa forme actuelle. Si cela vous semble une pensée superficielle, réfléchissez-y. L’un des  géants mondiaux en matière de relations publiques, Burston-Marsteller, est présent en Afrique depuis longtemps. Dans de nombreux cas, cette présence a pour but de rendre les nations africaines plus attractives aux yeux de la communauté d’investisseurs.

 

Ainsi, si un perspectif marketing a amené les intérêts occidentaux à consacrer des millions à étudier et planifier les mesures de résolutions des problèmes liés aux investissements en Afrique, un regard marketing sur la manière de restaurer l’Afrique une bonne fois pour toutes est assurément de mise. Nous émettons une supposition initiale : l’immense majorité de la population mondiale voit en l’Afrique un pays unique. A l’exception peut-être de l’Egypte, aucun autre pays africain ne possède la notoriété et la  valeur pour être concurrentiel au niveau mondial.

 

La loi du premier occupant.

 

Etre le premier d’une catégorie est un avantage considérable, dussiez-vous créer une toute nouvelle catégorie. La marque leader dans n’importe quelle catégorie est pratiquement toujours la première marque qui vient à l’esprit du prospect lorsqu’il ou elle a un besoin.

Etre le premier dans votre catégorie vous permet de dégager des rentes considérables d’un point de vue business et stratégique. Les 3 Super Fédérations occuperont la première place mondiale dans de nombreuses catégories :

 

La production de pétrole:

 

Etant donné que les champs de pétrole d’Arabie Saoudite sont au maximum de leurs rendements et commencent même à décliner, la Super  Fédération  SAHARA  a la capacité de devenir le plus grand producteur mondial de pétrole et de gaz naturel grâce aux réserves considérables de l’Algérie et de la Libye. Etre le numéro un dans cette catégorie apporte une forte influence économique et géopolitique.

 

Minerais: La Super Fédération KONGO, en regroupant l’Afrique du Sud, l’Angola, la République Démocratique du Congo,  La Zambie,  le Gabon, la Tanzanie et la République Centrafricaine et le Cameroun, va devenir l’acteur dominant dans pratiquement tous les minerais importants (depuis l’or et le diamant jusqu’au coltan et à l’uranium) avec un part de marché dépassant 50% dans la plupart des cas. Ça c’est du pouvoir.

 

Culture: La  Super  Fédération  SAHEL peut devenir un concurrent sérieux au titre d’influence culturelle la plus importante au monde, face aux Etats-Unis et  à  Hollywood. Les artistes du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et de la Guinée dominent déjà les Musiques du Monde, qui sont l’alternative la plus vivace à la pop musique américaine. Le Nigeria et le Libéria ont des industries cinématographiques dynamiques (Nollywood) qui rivalisent avec Hollywood et Bollywood en dépassant les canaux de distributions traditionnels et en développant un « business model » exemplaire basé sur des coûts réduits et des films d’excellente qualité. Cette partie du monde a également fait d’importantes contributions à la littérature mondiale.   SAHEL  a de fortes chances de se révéler comme la première place forte culturelle au monde.

 

 La loi de la perception :

 

La réalité actuelle: 54 pays souverains Perception actuelle : 1 pays qui s’appelle l’Afrique  Pendant la campagne électorale des présidentielles américaines de 2008, une rumeur s’est répandue comme une traînée de poudre sur la candidate républicaine au poste de vice-président, Sarah Palin. Il paraîtrait que Mme Palin croyait que l’Afrique était un pays unique. Mme Palin et ses conseillers ont plus tard réfuté cette affirmation, mais l’élément important est que la rumeur a crû sur un sol fertile parce que beaucoup de gens aux Etats-Unis et ailleurs partagent cette perception de l’Afrique comme étant un pays unique. Selon la loi de la perception, dans la bataille entre les produits, la perception est plus importante que la réalité. Les gens ont tendance à penser que c’est le meilleur produit qui va l’emporter. Toutefois, comme l’écrivent Ries et Trout, « le marketing n’est pas une bataille de produits, c’est une bataille de perceptions. »

 

Ce concept peut sembler injuste, mais il est fondamental et avéré. La plupart des erreurs marketing proviennent de la supposition que l’on combat dans une bataille enracinée dans la réalité. Modifier l’opinion des gens est une chose extrêmement difficile. Même sans la moindre connaissance, d a l’information ou expérience sur un sujet, les gens croient toujours que leurs points de vue sont parfaitement fondés. Les gens ne se trompent (quasiment) jamais  en tout cas c’est ce qu’ils pensent. Il n’y a pas de réalité objective, pas de faits. Dans le monde du marketing, seules existent les perceptions dans l’esprit du client ou du prospect. La perception est la réalité. Tout le reste n’est qu’illusion. Même si un pays était capable de tout accomplir parfaitement, il ne pourrait jamais se distinguer: la perception continuerait à le confondre dans le concept unique d’Afrique. Il n’y a pas de porte de sortie solitaire.

 

Les structures qui gèrent actuellement l’aide mondiale comme les Nations Unies, la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement et les différentes organisations nationales comme l’US AID n’apporteront pas de solution au problème.Lorsque vous discutez avec les personnes qui travaillent dans ces organisations, vous avez l’impression d’avoir affaire au personnel médical d’un service gériatrique. Toutes leurs actions vont dans le sens d’un allègement de la douleur et des soins palliatifs. Ils ont arrêté de croire en la possibilité d’un vrai changement en Afrique. Plus leurs carrières avancent, plus les crédits immobiliers et les frais de scolarité universitaire de leurs enfants gagnent de l’importance, et moins ils ont envie de jeter un pavé dans la mare.

 

Au début, les activistes étaient porteurs d’espoirs. Malheureusement, la génération d’idéalistes qui a fondé les Organisations Non Gouvernementales dans les années 60 et 70 a été remplacée par des bureaucrates qui ont intégré les ONG dans le cadre d’un plan de carrière, le plus souvent parce qu’ils n’étaient pas assez bons pour  être recrutés par les organisations internationales précédemment citées. Certains des fondateurs eux-mêmes furent victimes de l’appât du pouvoir et du gain, et passèrent de Héros à Zéros. Bernard Kouchner, l’ancien ministre des affaires étrangères français, est la figure de proue de cette « évolution ». Après avoir Co-crée Médecins Sans Frontières et agi pendant des années comme le Che Guevara du mouvement mondial des ONG, M. Kouchner est maintenant sous le coup d’accusations d’avoir profité de contrats de  « consultant » très lucratifs et payés par des gouvernements dont le jeune Kouchner  n’aurait sans doute pas accepté une invitation à dîner. La triste leçon de la nature humaine est peut-être qu’on ne peut demeurer un Che Guevara que si l’on meurt jeune. Pour être juste avec Mr. Kouchner, il a plus que largement risqué sa vie pour sauver des vies humaines. Le plus grand danger que ses critiques aient eu à affronter est la collision avec un vélo sur les boulevards parisiens.

 

La preuve de la sécurité par le plus grand nombre :

 

Les élites politiques commencent de plus en plus à se rendre compte que les petits pays ne sont pas suffisamment équipés pour affronter les défis de la mondialisation. De nombreux groupements régionaux voient le jour avec pour objectif  de coordonner les politiques nationales et d’agir en tant qu’organes d’initiative politique pour les Etats qui les constituent.

Ces groupements régionaux manquent toutefois de la puissance politique ou financière qui seules permettent la mise en place de vrais changements et la résolution des grands problèmes. Ils ont également été mis en place avec des contraintes artificielles fondées sur la géographie, les langues, la religion ou d’autres critères qui ne semblent pas appropriés. En voici quelques exemples :

 

·         Fondée en 1975, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) est un groupement régional constitué de seize pays. Elle a été conçue dans un objectif d’autosuffisance collective pour ses Etats membres. Il s’agit donc d’une union politique et économique qui vise à créer un grand bloc d’échanges. Les violences qui s’ensuivirent et le déplacement de millions de personnes dans toute la région à partir des années 90 ont toutefois été associés à l’image de la CEDEAO.

 

·         L’Union Economique  et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) est une organisation composée d’Etats d’Afrique de l’Ouest qui vise à accroître la compétitivité économique et financière de ses pays membres. Tous les Etats partagent le franc CFA comme devise, et les huit pays membres sont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. La France, ancienne puissance coloniale, est celle qui prend les décisions en dernier ressort.

 

·         La Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN-SAD), forte de 18 Etats membres, a pour objectif d’œuvrer avec les autres communautés économiques régionales et l’Union Africaine pour renforcer la paix, la sécurité et la stabilité. La CEN-SAD cherche également à favoriser le développement économique et social de ses membres. Toutefois, la zone de libre-échange prévue par la CEN-SAD est difficile à mettre en place et empiète sur d’autres blocs de libre-échange plus avancés. Il faut également compter sur les conflits entre les membres voisins du Tchad et du Soudan au sujet du Darfour.

 

·         L’objectif de la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) est l’amélioration de l’intégration financière ainsi que l’accroissement de l’activité économique et la réduction de la pauvreté dans la région. Les pays membres de la CEMAC partagent une structure juridique, financière et  régulatrice  commune. En théorie, les droits de douane portant sur les échanges commerciaux intra-CEMAC ont été abolis, mais l’application réelle de cette décision a été repoussée. Ici également, la France est celle qui prend les décisions en dernier lieu.

 

·         La Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) a pour objectif d’approfondir la coopération socioéconomique et l’intégration entre ses 15 pays membres, de même qu’établir entre eux des coopérations politiques et en matière de sécurité. Mais la SADC est faible. Elle ne dispose que de faibles moyens et ses Etats membres sont réticents à céder à l’organisation les pouvoirs prévus, et sur lesquels ils se sont mis d’accord. La SADC fut donc révisée en 2001 avec comme principal défi la capacité pour un Etat membre d’intégrer d’autres organisations économiques régionales. Cela affaiblit les principes même de la SADC.

 

·         Le NEPAD est la plus grande déception parmi toutes ces organisations. Lancé en fanfare en 2001 avec le titre prometteur de Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique, le NEPAD a très vite dégénéré en rivalités entre les chefs d’Etats des principaux pays promoteurs. N’attendez pas d’initiatives audacieuses de  leur part. Aujourd’hui, le NEPAD n’est plus qu’une division lointaine et pour l’essentiel inutile de l’Union Africaine. 

 

Ces organisations régionales œuvrent  en coopération plus ou moins étroite avec l’Union Africaine. La commission de l’Union Africaine,  installée en Ethiopie, représente tous les pays africains à l’exception du Maroc (absent en raison des différends non résolus sur le statut de l’ancienne colonie espagnole du Sahara Occidental). On peut comparer l’UA à un équivalent de l’Union Européenne pour les pays africains, mais qui ne disposerait pas des pouvoirs suffisants pour prendre des décisions. Le problème tient au fait que ces organisations sont le plus souvent le résultat d’un compromis entre le besoin de régler les problèmes transnationaux et de proposer un interlocuteur crédible dans les négociations internationales d’une part, et la nécessité pour les élites dirigeantes de garder la mainmise sur leur pays de l’autre.

 

Il  viendra un moment ou la masse décidera qu’elle ne veut plus être à la traîne du reste de la planète, afin qu’une petite élite de leurs pays puissent être les premiers financièrement. Lorsque cette masse critique de mécontentement est atteinte, la quête de solutions se fera hors des sentiers battus et au-delà des entités et groupes socio-économico-politiques actuels. La contribution modeste de cette initiative (Réparer l’Afrique) consiste à encourager les élites et la jeunesse d’Afrique à commencer à penser avec courage dès aujourd’hui, sans attendre une explosion sociale généralisée.  La jeunesse d’Afrique est en quête d’une vision qui puisse porter son enthousiasme.

 

Les alternatives qui se présentent à elle actuellement mènent toutes à la ruine et à la destruction.  Les plus désespérés se lancent dans un voyage à travers les déserts, les océans et les montagnes en espérant atteindre l’Europe où les attend une vie meilleure. Très peu parviennent à destination et ceux qui y arrivent risquent l’exploitation sexuelle ou de travail.

 

Autre alternative offerte à la jeunesse africaine : rejoindre un mouvement armé afin de contrôler un territoire ou renverser le gouvernement. Les chefs de guerre contemporains sont devenus des modèles pour de nombreux jeunes défavorisés qui ont enduré l’humiliation et la désillusion de la part des quelques riches familles de leur pays. Avec un Kalachnikov, vous compensez le manque d’éducation ou le fait d’être né dans le mauvais groupe ethnique et vous pouvez mettre un terme à des années de frustration. C’est la voie rapide pour passer de quantité négligeable à celui qui dicte les règles. Cette « carrière » n’est à l’évidence pas acceptable et ne bénéficie pas à l’intérêt général.

 

La montée des groupes islamistes est une sous-catégorie qui relève de la précédente. La religion peut être utilisée pour instaurer un sentiment d’identité profond et une vision irrésistible, y compris pour ceux qui vivent  dans les circonstances les plus pénibles. En Algérie, en Somalie et ailleurs, des jeunes désenchantés sont attirés vers une forme violente de l’Islam sous le prétexte de restaurer leur dignité et au nom d’une gloire passée idéalisée. On ne peut pas lutter contre ce genre de promesse en conseillant à ces jeunes : « respectez-les règles, travaillez dur et un jour peut-être vous aurez du travail ».  C’est particulièrement impossible dans les pays où ceux qui se trouvent au sommet de la pyramide ont enfreint toutes les règles de la dignité humaine pour y parvenir.

 

La jeunesse africaine a besoin d’une vision courageuse et d’idées pour l’avenir. Quelque chose qui puisse l’inspirer. En quoi elle peut croire. Qui puisse donner à ces jeunes une chance d’intégrer le monde des nations développées de leur vivant sans devoir quitter leur pays natal.

 

Ceux qui croient vraiment en la possibilité d’un changement sont ceux qui l’ont vécu et l’ont créé. Ce n’est qu’avec un état d’esprit hautement créatif que l’on peut inventer, et véritablement réaliser, des solutions révolutionnaires pour l’Afrique. Prenons  Salif Keita  –  le chanteur malien, qui passa de défavorisé et exclu (en raison de son albinos) dans l’un des pays les plus pauvres du monde, à artiste à la réputation mondiale, lauréat des plus grands trophées et récompenses, et parmi les plus célèbres et les plus couronnés de succès de la Musique du Monde. Il sait, et croit réellement, qu’un changement peut survenir du vivant de quelqu’un. Monsieur SALE Charles, Homme politique de nationalité Camerounaise et fondateur de la Radio privée, Radio Aurore FM 99.4 Mhz dans la Région de l’Est Cameroun, croit à ce changement dans le futur, il prouve ce rêve chaque année en octroyant des prix aux meilleurs Bacheliers et des Oscars aux méritants de la Région, Mo Ibrahim est un milliardaire soudanais des télécoms qui de simple ingénieur sans prétention devint un magnat des télécoms en moins de quinze ans. Il a créé de nombreuses compagnies de téléphonie mobile dans toute l’Afrique, bien avant que les grandes firmes en virent tout le potentiel et commencèrent à rivaliser avec lui dans l’obtention des licences. Dans la foulée, il mit le téléphone mobile, autrefois privilège des grands PDG et des banquiers, à la portée des ouvriers et des fermiers. Il sait, et croit réellement, qu’un changement peut survenir en deux décennies. Beaucoup d’Africains, par des profondes réflexions  et des actions courageuses, ont réussi au niveau mondial dans leur domaine de prédilection. Ils sont les modèles, la preuve vivante que l’Afrique et les Africains ne sont pas voués  la médiocrité perpétuelle. Nous les déclarons Créateurs de Valeur,

 

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